Les manuscrits et la tradition de l’Eglise la plus ancienne et la plus unanime (Hégésippe, Denys de Corinthe, Irénée) attribuent à Clément de Rome une lettre qui pourrait dater de 96-97 et serait la plus ancienne œuvre de la littérature chrétienne après les écrits bibliques. Selon Eusèbe de Césarée, elle fut rédigée alors que " demeurait encore en vie celui que Jésus aimait : Jean, à la fois apôtre et évangéliste, qui gouvernait les Eglises d’Asie, après être revenu, à la mort de Domitien, de l’île où il avait été exilé ", ce que confirme saint Clément d’Alexandrie. La lettre était adressée à l’Eglise de Corinthe, que des troubles agitaient après que de jeunes membres de la communauté se furent insurgés contre les anciens presbytres et les eurent destitués. Ecrite dans une langue simple et claire, elle est sans nul doute l’œuvre d’un auteur unique, même s’il parle toujours au pluriel et s’il faut considérer la communauté romaine dans son ensemble comme signataire. Clément, en bon disciple des apôtres, s’appuie solidement sur les Ecritures qu’il connaît et manie parfaitement dans de longues citations ;