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toutes les réponses aux affirmations fausses de l'Islam à propos de la Bible

La Bible à l'époque de Mahomet

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Mizan ul-Haqqde Karl Gottlieb Pfander. Si nous n"adhérons pas à toute la théologie du Docteur Pfander, nous trouvons néanmoins beaucoup de ses arguments intéressants, et dignes d'etre partagés.

Son livre peut-etre téléchargé et lu dans son intégralité ici:

L'équilibre de la Vérité

  CHAPITRE III

Jesus tenté ?

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Question:

La Bible dit que Dieu ne peut être tenté (cf. Jacques 1:13), et pourtant Jésus est dit avoir été tenté par le diable pas moins (cf. Matthieu 4:1). N'est-ce pas la preuve que Jésus n'est pas Dieu?

Réponse:

Karl Pfander- Mahomet dans l'Ancien Testament

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Il s'agit du chapitre de Mizan ul-Haqq de Karl Gottlieb Pfander, relatif aux soidisantes prophéties de Mahomet dans l'Ancien Testament. Je pense qu'avec l'article Mahomet dans la Torah, cela fournie une bonne réponse à ce mensonge. Vous pouvez télécharger et lrie son livre ici:

http://jesusmarie.free.fr/islam_karl_pfander_mizanu_l_haqq_l_equilibre_de_la_verite.doc

Mizan ul-Haqq de Karl Gottlieb Pfander:



Nous allons maintenant passer à l'examen des principaux passages de l’Ancien Testament dans lesquels nos frères musulmans affirment trouver des prédictions relatives à Mahomet.[1]



1. Genèse 49, 10 [[« Le sceptre ne s’éloignera point de Juda, ni le bâton de commandement d’entre ses pieds, jusqu’à ce que vienne Shiloh ; c’est à lui que les prophètes obéiront »]]. Les musulmans affirment que ce verset se rapporte à Mahomet, en particulier du fait que « Juda », au verset 8 [[« Toi, Juda, tes frères te loueront »]], vient d'un verbe qui signifie « louer », tout comme le nom de « Mahomet ».



Cependant, le contexte montre que Shiloh devait naître parmi les descendants de Juda. Mahomet appartenait à la tribu arabe des Quraïsh. Il n'était pas juif. Par conséquent, ce passage ne peut pas se rapporter à lui. En outre, le sceptre s’était éloigné de Juda plus de 550 ans avant la naissance de Mahomet ; et il n'y a aucun rapport possible entre le verbe « louer » qu’on trouve au verset 8 et le verbe arabe hamada (حَمَدَ). Les commentateurs juifs expliquent que Shiloh est un titre du Messie, et le Targoum samaritain le laisse entendre également. Jésus est né de la tribu de Juda, et nombreux sont déjà les Gentils qui en sont venus à lui obéir.



2. Deutéronome 18, 15. 18 [[« Yahweh, ton Dieu, suscitera du milieu de toi, d'entre tes frères, un prophète tel que moi : vous l’écouterez. Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète tel que toi ; je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai. »]] Les musulmans affirment avec force que le prophète promis ne devait pas paraître parmi les Israélites (l’expression : « du milieu de toi », au verset 15, ne se trouve ni dans la Septante, ni dans le Pentateuque samaritain, ni dans Actes 43, 22) mais parmi leurs « frères » les Ismaélites (comparer Genèse 25, 9. 18) ; ils affirment en outre qu'aucun prophète de ce genre ne s’est levé parmi les Israélites (cf. Deutéronome 34,10 [[« Il ne s’est plus levé en Israël de prophète tel que Moïse »]]) ; que Mahomet avait de nombreux points communs avec Moïse : par exemple, tous deux furent élevés dans la maison de leurs ennemis, sont apparus parmi des idolâtres et furent au départ rejetés par leur propre peuple avant d’être acceptés par lui ; chacun d’eux a donné une loi, a fui devant ses ennemis (Moïse à Madian, Mahomet à Médine, deux noms qui ont le même sens) ; ils ont tous deux livré des batailles contre leurs ennemis, ont opéré des miracles et, après leur mort, ont rendu leurs disciples capables de conquérir la Palestine.



En réponse à cela, nous pouvons dire que Deutéronome 34, 10 ne se réfère qu'à l'époque à laquelle ce verset fut écrit, et aussi que les mots : « Il ne s’est plus levé en Israël de prophète semblable à Moïse » impliquent l’attente de la venue d'un tel prophète « en Israël » et non pas en dehors. Les mots « du milieu de toi » sont presque certainement authentiques, s’il est vrai par ailleurs que ce verset serait tout aussi clair s’ils ne s’y trouvaient pas. Certes, Ismaël était le demi-frère d'Isaac ; pourtant, si l'on peut dire que les Ismaélites étaient les « frères » des Israélites, il est plus juste encore de dire que les membres des différentes tribus israélites étaient « frères » entre eux (comparer la sourate 7, Al A'raf, verset 83 [[DM 85]] : « leur frère Chu’aïb »[2]). Ce même livre du Deutéronome dit effectivement que les Israélites sont des « frères » les uns des autres, par exemple aux chapitres 3, 18 ; 15, 7 ; 17, 15 ; 24, 14. En Deutéronome 17, 15, nous trouvons un passage exactement parallèle qui se réfère à la nomination d'un roi : « Tu mettras sur toi un roi que Yahweh, ton Dieu, aura choisi ; c'est du milieu de tes frères que tu prendras un roi, pour l'établir sur toi. » La plupart des royaumes d'Europe, sinon tous, sont gouvernés par des rois qui appartiennent à des familles d'origine – immédiate ou lointaine – étrangère ; mais, dans toute l'histoire, il n'est jamais mentionné que les Israélites aient pris un étranger pour roi. Si l'explication musulmane de l'expression : « d’entre tes frères », en Deutéronome 18, 18, est correcte, les Israélites seraient donc allés chercher des Ismaélites pour en faire leurs rois – ce qu’ils n’ont pas fait, parce qu’ils comprenaient fort bien leur propre langue. Quel est le musulman qui, si on lui disait d’aller chercher l'un de ses « frères » pour que lui soit attribué un poste important, déciderait que cela exclut les membres de sa propre famille et qu'il doit trouver un homme dont les ancêtres étaient apparentés aux siens plusieurs centaines d'années auparavant ? En outre, la Torah dit clairement qu'aucun prophète ne viendrait jamais d’Ismaël car c'est avec Isaac que Dieu avait conclu une alliance, et non avec Ismaël (cf. Genèse 17, 18-21 ; 21, 10-12). En outre, le Coran dit à plusieurs reprises que la fonction prophétique a été confiée à la descendance d'Isaac (sourate 29, Al Ankabut, verset 27 ; sourate 45, Al Fathiyyah, verset 15). Le prophète promis devait être envoyé à Israël ; mais Mahomet a affirmé avoir été envoyé aux Arabes, chez qui il était né.



Quant à la ressemblance avec Moïse, Deutéronome 34, 10-12 nous précise les deux points sur lesquels les Israélites devaient trouver, chez le prophète à venir, une ressemblance avec Moïse : (1) une connaissance personnelle de Dieu, et (2) « des signes et des miracles ». Pour ce qui est du premier point, n’existe-t-il pas une tradition selon laquelle Mahomet a dit : « Nous ne T'avons pas connu dans la vérité de Ta connaissance (ou : comme Tu devrais être connu) » ? Quant aux « signes et miracles »[3], le Coran nous dit que Mahomet n'avait pas reçu le pouvoir d'opérer des miracles[4] (sourate 17, Al Asra', verset 61 [[MK : « Rien ne nous aurait empêché de t’envoyer avec le pouvoir des miracles »]] ; voir les commentaires de Baidhawi et d'Abassi sur les sourates 2, 112 ; 6, 37. 57. 109 ; 7, 202 ; 10, 21 ; 13, 8. 30 ; 29, 49-50). Quant aux points de ressemblance entre Moïse et Mahomet, on pourrait en retrouver la plupart chez Musailamah [[« l’imposteur »]] et chez Mani, mais cela ne prouve pas que ces hommes aient été des prophètes. Enfin, Dieu Lui-même a expliqué dans l'Évangile que cette prophétie se rapportait au Christ et non à Mahomet (comparer Deutéronome 18, 15. 19 : « Vous l’écouterez, etc. », avec Matthieu 17, 5 [[« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis mes complaisances : écoutez-le ! »]] ; voir aussi Marc 9, 2 et Luc 9, 35). Jésus explique que ce passage de la Torah et d'autres se rapportent à lui (cf. Jean 5, 46 [[« Si vous croyiez en Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est de moi qu’il a écrit. Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? »]] ; voir Genèse 12, 3 ; 26, 4 ; 18, 18 ; 22, 18 ; 28, 14) ; et Il descendait de Juda (cf. Matthieu 1, 1-16 ; Luc 3, 23-38 ; Hébreux 7, 14) ; Il est né en Israël, Il a passé presque toute Sa vie parmi les Juifs, et c'est vers eux qu'il a d'abord envoyé ses disciples (cf. Matthieu 10, 6) et ensuite seulement aux Gentils (cf. Luc 24, 47 ; Matthieu 28, 18-20). Dans Actes 3, 25-26, la prophétie que nous étudions ici est rapportée très clairement au Christ.



3. Deutéronome 32, 21 : « Ils ont excité ma jalousie par ce qui n’est pas Dieu, ils m’ont irrité par leurs vaines idoles ». Pour les musulmans, ce verset se rapporte aux Arabes, à qui Mahomet fut envoyé ; il ne peut pas, disent-ils, se rapporter aux Grecs à qui furent envoyés saint Paul et les autres Apôtres du Christ, car ils étaient sages et instruits.



Mais on ne peut pas dire que ce verset se réfère à un prophète, quel qu’il soit. Il nous dit comment Dieu appellera les Gentils – pas seulement les Grecs mais aussi les Arabes, les Français et tous les autres – à devenir une fraternité spirituelle unique dans le Christ. Telle est l’explication de ce passage qui est donnée en 1 Pierre 2, 9-10 ; comparer Éphésiens 2, 11-13. Pour ce qui est de la sagesse des Grecs, ce n'était pas une véritable sagesse car ils n'avaient aucune connaissance du Seul Vrai Dieu, alors que le véritable commencement de la sagesse consiste à Le révérer (cf. Psaumes 110, 10 ; Proverbes 1, 7 ; 9, 10). « La sagesse de ce monde est folie devant Dieu » (1 Corinthiens 3, 19).



4. Deutéronome 33, 2 [[« Yahweh est venu du Sinaï, il s’est levé pour eux de Seïr, il a resplendi de la montagne de Pharan, il est sorti du milieu des saintes myriades ; de sa droite jaillissaient pour eux des jets de lumière »]]. Ici, pour les musulmans, les mots : « Yahweh est venu du Sinaï » se référeraient au moment où Dieu a donné la Loi a Moïse ; « il s’est levé pour eux de Seïr » se rapporterait à la « descente » de l'Injil ; enfin, la phrase : « il a resplendi de la montagne de Pharan » serait une prophétie du don du Coran, car les musulmans disent que l'une des collines proches de La Mecque porte un nom identique.



Mais le contexte montre que, ici, Moïse ne se réfère ni à l'Injil ni au Coran. Il rappelle aux Israélites à quel point la gloire de Dieu était visible lorsqu'ils campaient au pied du mont Sinaï. Sur la carte, on voit que le Sinaï, Seïr et Pharan sont trois montagnes très proches les unes des autres.[5] Elles se trouvent dans la péninsule du Sinaï, à plusieurs centaines de kilomètres de La Mecque. Cela est confirmé par d'autres passages où le mont Pharan est mentionné (cf. Genèse 4, 6 ; Nombres 10, 12 ; 12, 15 ; 13, 3 ; Deutéronome 1, 1 ; 1 Rois 11, 18).



5. Les musulmans affirment que le Psaume 45 se rapporte à Mahomet puisqu’on l'appelle « le Prophète au Glaive », et ils pensent que les versets 3 à 5 [[ « 3. Tu es le plus beau des enfants des hommes, la grâce est répandue sur tes lèvres ; oui, Dieu t’a béni pour toujours ! 4. Ceins ton épée sur ta cuisse, ô héros, dans ta splendeur et ta majesté. 5. Et dans ta majesté avance-toi, monte sur ton char, en faveur de la vérité, de la piété, de la justice ! »]] s’appliquent tout particulièrement à lui.



Mais à cela il y a deux réponses, dont une seule suffirait à réfuter cette théorie. La première est que, au verset 7, nous lisons : « Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à jamais ». Or les musulmans ne prétendent jamais que Mahomet était Dieu. L'autre réponse est que, en Hébreux 1, 8-9, il est très clairement dit que le verset 6 s’adresse au Christ. La « fille du Roi » du verset 14 est l’épouse spirituelle du Christ, c'est-à-dire l'Église chrétienne (comparer Apocalypse 21, 2), et les ennemis vaincus sont Satan et toutes ses armées ainsi que tous les hommes qu’il a poussés à s’opposer à l'Évangile du Christ (voir Apocalypse 19, 11-21). On trouve d'autres prophéties du même genre relatives au Christ dans les Psaumes 2, 72 et 110. Il est probable que ce Psaume se réfère au mariage de Salomon avec la fille de Pharaon (cf. 1 Rois 3, 1), et ce mariage est considéré comme un type de l'union spirituelle entre le Christ et Son Église.



6. Les musulmans affirment aussi que le Psaume 149 est une prophétie relative à Mahomet. Le « cantique nouveau » (verset 1) serait, d'après eux, le Coran, et le « glaive à deux tranchants » (verset 6) conviendrait bien au « Prophète au Glaive ». ‘Ali avait, lui aussi, un glaive de ce genre, qu’il mit au service de Mahomet. Les musulmans pensent que le « roi » mentionné au verset 2 serait Mahomet.



Mais les musulmans ne chantent jamais lorsqu’ils prient, et on ne peut en aucune manière dire du Coran qu'il s'agit d'un « cantique ». Il n’est pas dit que le glaive est entre les mains du « roi » mais dans celle des Israélites, et c'est avec lui qu'ils devaient se venger de leurs ennemis. Dans la première partie de ce verset 2 [[« Mon cœur est agité par un discours exquis ; je dis : "Mon œuvre est pour un roi !" »]], le « roi » est présenté comme le Créateur et, au verset 4, il est appelé le Seigneur. On ne peut en aucune manière dire que Mahomet était roi d'Israël. Et les Israélites ne pouvaient pas non plus « se réjouir » en lui [[v. 16. « au milieu des réjouissances et de l’allégresse »]], comme nous le verrons : il suffit de se rappeler comment Mahomet a traité les Banu Nadhir, les Banu Qainuqa', les Banu Quraizah et d’autres communautés juives.



7. Certains musulmans rapportent le verset 16 du chapitre 5 du Cantique des Cantiques [[« Son palais n’est que douceur, et toute sa personne n’est que charme »]] à Mahomet, pour la simple raison que, en hébreu, le mot mahamaddim, « délices », « douceur » que l’on y lit provient de la même racine.



Mais nous constatons que, en hébreu, ce mot est un nom commun et non pas un nom propre, comme le montre ici son usage au pluriel. Nous retrouvons ce même mot employé comme un nom commun en Osée 9, 6. 16 ; 1 Rois 20, 6 ; Lamentations 1, 10-11 ; 2, 4 ; Joël 4, 5 ; Isaïe 44, 6 ; 2 Chroniques 36, 19 ; Ézéchiel 24, 16. 21. 25. Dans ce dernier passage (Ézéchiel 24, 16 : « les délices de tes yeux » [[traduction de La Bible hébreu-français, traduit du texte original (version massorétique) par les membres du rabbinat français]]), il s'applique à une femme, la femme d’Ézéchiel (comparer verset 18) et au fils et aux filles des Juifs idolâtre (verset 25). Il serait tout aussi logique d'appliquer ce mot à Mahomet ici que dans le Cantique des Cantiques. En arabe, la même racine حمد a donné de nombreux mots, mais qui ne se rapportent pas pour autant à Mahomet. Un musulman ignorant pourrait tout aussi bien affirmer qu'on retrouve le nom de Mahomet dans la sourate 1, Al Fatihah, verset 1 : Al hamdo lillahi Rabbi 'lalamin (« Louange à Dieu, maître de l’univers » [[MK]]). Semblablement, un Hindou pourrait affirmer que les noms de Ram et de quelques autres de ses divinités sont mentionnés dans le Coran parce que, dans la sourate 30, Ar Rum, verset 1, nous lisons غُلِبَتِ الْرّوُمُ – « les Romains ont été vaincus », du fait que les dictionnaires arabes présentent le mot Rum comme dérivant de la racine ram. Ce genre d'argument n'est pas digne d'hommes instruits et pondérés.



8. En Isaïe 21, 7 [[« Et elle (la sentinelle) verra des cavaliers, deux à deux, sur des chevaux, des cavaliers sur des ânes, des cavaliers sur des chameaux »]], les musulmans considèrent que les mots : « des cavaliers sur des ânes[6] » sont une prédiction de la venue du Christ, qui est entré à Jérusalem assis sur un âne, et que les mots : « des cavaliers sur des chameaux » se rapportent à Mahomet parce qu'il se déplaçait toujours à dos de chameau.



Mais le contexte montre que ce chapitre ne se réfère ni au Christ ni à Mahomet. C’est une prophétie de la chute de Babylone, ce que nous apprend le verset 9, et ce passage nous raconte comment des voyageurs portent la nouvelle de la capture de la ville de Babylone et de la destruction de ses idoles, épisode qui a eu lieu sous Darius en 519 av. J.-C., et une fois encore en 513 av. J.-C.



9. Les musulmans croient pouvoir trouver une prophétie relative à Mahomet en Isaïe 42, 1-4 [[« Voici mon serviteur, que je soutiens, mon élu, en qui mon âme se complaît ; j’ai mis mon esprit sur lui ; il répandra la justice parmi les nations. Il ne criera point, il ne parlera pas haut, il ne fera pas entendre sa voix dans les rues. Il ne brisera pas le roseau froissé, et n’éteindra pas la mèche prête à mourir. Il annoncera la justice en vérité ; il ne faiblira point, il ne se laissera pas abattre, jusqu’à ce qu’il ait établi la justice sur la terre, et les îles seront dans l’attente de sa loi. »]].



Mais à en croire les récits que nous rapportent Ibn Hishâm, At Tabari, Ibn Athir, Katib al-Waqidi, le Rawzat-us-Safa (« jardin de pureté ») et d'autres œuvres et auteurs mahométans, cette description d'un homme bon et pacifique ne s'applique pas à celui qui est appelé « le Prophète au Glaive ». En outre, en Matthieu 12, 15-21, il nous est clairement dit que cette prophétie se rapporte au Christ et qu'elle s'est accomplie en Lui. La foi chrétienne, c’est celle des « îles » et des côtes de la Méditerranée, dont il est essentiellement question au verset 4.



10. Dans ce même chapitre (Isaïe 42), aux versets 10 à 12, il est fait mention de Cédar et, pour certains, ce mot se rapporte aux Arabes et donc à leur conversion à l'islam.



Mais le « cantique nouveau » dont il est question au verset 10 ne peut guère se rapporter au nouveau culte instauré par les musulmans, surtout du fait qu’il n'est pas permis d'y chanter. Sans doute Cedar était-il le nom de l'une des tribus arabes, mais un bon nombre de ces tribus (Himyar, Ghassan, Rabi'ah, Najran, Hirah, etc.) avaient adopté le christianisme avant d'être contraintes à se convertir à l'islam, sous peine d’être expulsées d'Arabie. Sans doute redeviendront- elles chrétiennes un jour. Ces versets s'inscrivent dans le prolongement de ce qui est dit aux versets 1 à 4 et doivent se rapporter à la diffusion du christianisme jusqu’en Arabie, dans la mesure où il nous est dit qu'il se répandra dans les « îles » et parmi « ceux qui naviguent sur la mer » (verset 10). L'expression : « mon serviteur », au verset 1, est expliqué au chapitre 49, 3, selon lequel il signifie « Israël », c'est-à-dire, sans aucun doute, l'« Israël de Dieu »[7], c'est-à-dire ceux qui croient au Christ. Lui-même est la « tête du corps, l'Église »[8]. C'est pourquoi, à propos d'Isaïe 52, 13 [[« Voici que mon Serviteur prospérera ; il grandira, il sera exalté, souverainement élevé »]], les anciens commentateurs juifs expliquent que cette expression particulière se réfère au Messie Promis. Le Christ est venu d'Israël, et Il l’a représenté, ce qui ne fut pas le cas de Mahomet.



11. Les musulmans affirment aussi qu'Isaïe 53 se rapporte à Mahomet parce que : (1) étant né en Arabie, il était « un rejeton qui sort d’une terre desséchée » (verset 2) ; (2) « on lui a donné son sépulcre avec les méchants » (verset 9) parce que Mahomet fut enterré à Médine ; (3) les mots : « il verra une postérité » (verset 10) ont été accomplis pour ce qui le concerne ; (4) il a effectivement « partagé le butin avec les forts » (verset 12), c'est-à-dire avec les Ansars ; (5) il a accompli les mots : « il a livré son âme à la mort » (verset 12) puisque, indubitablement, il est mort alors que de nombreux musulmans nient que le Christ soit mort et considèrent qu'Il est monté au ciel sans mourir.



Mais (1) les versets 5 à 8 dans leur totalité ne conviennent absolument pas à Mahomet ni à quiconque d'autre que le Christ ; (2) la moitié des versets 9 et 12 ne peuvent en aucune manière s'appliquer à Mahomet ; (3) pour ce qui est de partager le butin, cela devait se faire après la mort, ce qui est vrai, dans un sens spirituel, du Christ (puisque, effectivement, ce ne fut qu'après Sa Résurrection et Son Ascension que les Gentils commencèrent à entrer dans son Royaume), mais non pas de Mahomet ; (4) on ne comprend pas bien pourquoi les Ansars, les membres de la tribu qui habitait Médine, qui ont reçu Mahomet et se sont battus pour lui, devraient être qualifiés de « méchants » plutôt que la population de la Mecque, qui l'a rejeté ; (5) toutes les parties de la prophétie ont été spirituellement accomplies dans le Christ alors qu'un bon nombre de passages de cette prophétie ne peuvent en aucune manière se rapporter à quiconque d’autre, et surtout pas à un guerrier victorieux tel que Mahomet. En outre, les anciens commentateurs juifs considéraient ce chapitre comme une prophétie relative au Messie promis. L'ensemble du Nouveau Testament montre comment cette prophétie et la prophétie identique que l'on trouve dans le Psaume 22 ont été accomplies dans le Christ, et uniquement en Lui.



12. Isaïe 54, 1 [[« Pousse des cris de joie, stérile, qui n’enfantais pas ; éclate de joie et d’allégresse, toi qui n’as pas été en travail, car les fils de la délaissée sont plus nombreux que les fils de celle qui avait un époux, dit Yahweh. »]] est censé être une prophétie de la naissance de Mahomet, qui appartiendrait à la descendance d'Ismaël. Ce verset prédirait que bien d'autres gens deviendraient ses disciples et seraient ainsi amenés à Dieu, en bien plus grand nombre que ceux qui ont été convertis par tous les prophètes d'Israël.



En réalité, cependant, cette prophétie a deux sens : un sens littéral et un sens spirituel. Le sens littéral est que les juifs seront délivrés de Babylone et ramenés à Jérusalem. Cela s'est passé sous le règne de Cyrus, qui a commencé en 536 av. J.-C. Le sens spirituel nous est enseigné par saint Paul en Galates 4, 21-31. Nous y voyons qu'elle a été accomplie lorsque les Gentils qui, longtemps, furent plongés dans l'idolâtrie et éloignés de Dieu, ont commencé à recevoir l'Évangile du Christ. En outre, et soit dit en passant, saint Paul précise dans ce passage que les descendants d’Agar ne devaient pas être préférés à la descendance spirituelle de Sarah.



13. Isaïe 63, 1-6. [[« 1. Qui est celui-là qui vient d’Édom, de Bosra en habits écarlates ? Il est magnifique dans son vêtement, il se redresse dans la grandeur de sa force. – C’est moi, qui parle avec justice, et qui suis puissant pour sauver. – 2. Pourquoi y a-t-il du rouge à ton vêtement, et tes habits sont-ils comme ceux du pressureur ? – 3. Au pressoir j’ai foulé seul et, parmi les peuples, personne n’a été avec moi. Et je les ai foulés dans ma colère, piétinés dans ma fureur ; le jus en a jailli sur mes habits, et j’ai souillé tout mon vêtement. 4. Car un jour de vengeance était dans mon cœur, et l’année de ma rédemption était venue. 5. J’ai regardé, et personne pour m’aider ; j’étais étonné, et personne pour me soutenir. Alors mon bras m’a sauvé et ma fureur m’a soutenu. 6. J’ai écrasé les peuples dans ma colère, et je les ai enivrés de ma fureur, et j’ai fait couler leur sang à terre. »]] Les musulmans disent que le guerrier dont il est ici question est Mahomet, qui fut « le Prophète au Glaive ». Ils pensent que la ville de Bosra mentionnée au verset 1 est la célèbre cité de Basra.



Mais le verset 1 montre que Bosra est en Édom ; cette ville s'appelle actuellement Al Busairah et elle se trouve un peu au sud de la Mer Morte. Si nous comparons le verset 5 avec Isaïe 59, 15-16, nous voyons que le guerrier dont il est question est le Seigneur des armées en personne, qui a châtié Édom pour ses péchés. On retrouve cette image dans l'Apocalypse, au chapitre 19, 11-16, où il est expliqué que le guerrier est le Kalimatu'llah qui, à la fin, châtiera les méchants et mettra tous ses ennemis sous ses pieds (cf. 1 Corinthiens 15, 25).



14. Isaïe 65, 1-6. [[« 1. Je me laissais rechercher de qui ne me demandait pas ; je me laissais trouver de qui ne me recherchait pas ; je disais : "Me voici ! Me voici !" à une nation qui ne portait pas mon nom. 2. J’étendais mes mains tout le jour vers un peuple rebelle, vers ceux qui marchent dans la foi mauvaise, au gré de leurs pensées ; 3. vers un peuple qui me provoquait en face, sans arrêt, sacrifiant dans les jardins, brûlant de l’encens sur des briques, 4. se tenant dans les sépulcres et passant la nuit dans des cachettes, mangeant de la chair de porc et des mets impurs dans leurs plats, 5. disant : "Retire-toi ! Ne m’approche pas, car je suis saint pour toi !" Ceux-là sont une fumée dans mes narines, un feu qui brûle toujours. 6. Voici, c’est écrit devant moi : "Je ne me tairai point que je n’aie rétribué, 7. rétribué dans leur sein vos iniquités, avec les iniquités de vos pères, dit Yahweh, qui ont brûlé l’encens sur les montagnes et m’ont outragé sur les collines ; je leur mesurerai dans le sein le salaire de leur conduite passée". »]] Les musulmans affirment que ce passage est une prophétie de la conversion des Arabes à Mahomet. Le deuxième verset et les suivants parleraient des péchés des juifs et des chrétiens, à cause desquels ils auraient été rejetés par Dieu.



En réalité, cependant, le verset 1 est une prophétie de la conversion au Christ d’un grand nombre de Gentils : les péchés de certains des juifs sont mentionnés dans les versets 2 à 6, mais les versets 8 à 10 [[« 8. Ainsi parle Yahweh : "De même que, trouvant du jus dans une grappe, on dit : ‘Ne la détruis pas, car il y a là une bénédiction’, ainsi agirai-je avec mes serviteurs, afin de ne pas tout détruire. 9. Je ferai sortir de Jacob une postérité, et de Juda un héritier de mes montagnes ; mes élus le posséderont, et mes serviteurs y habiteront. 10. Et Saron servira de parc aux brebis, et la vallée d’Anchor de pâturage aux bœufs, pour mon peuple qui m’aura recherché". »]] nous disent que, à la fin, il ne rejettera pas la nation juive dans sa totalité (comparer Romains 11). Dans ce passage, il n'est pas question des chrétiens, et pas un mot ne se rapporte à Mahomet.



15. De l'avis de certains musulmans, Daniel 2, 44-45 [[« 44. Dans le temps de ces rois, le Dieu du ciel suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et dont la domination ne sera point abandonnée à un autre peuple ; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera à jamais, 45. selon que tu as vu qu’une pierre a été détachée de la montagne, non par une main, et qu’elle a brisé le fer, l’airain, l’argile et l’or. »]] contient une prophétie relative à la montée en puissance et à l’expansion de l'islam. Ils disent que les quatre royaumes mentionnés dans ce chapitre sont l'empire chaldéen, l'empire mède, l'empire kayanien (ou perse) et l'empire macédonien. Alexandre le Grand a ébranlé l'empire perse mais celui-ci a repris des forces sous les Sassanides. Parfois fort, parfois faible, il s'est maintenu jusqu'à la naissance de Mahomet, à l’époque de Kushrau Anushiravan. Mais, peu après la mort de Mahomet, les armées musulmanes renversèrent l’empire perse, conquirent la Perse, la Mésopotamie et la Palestine et « remplirent toute la terre » (cf. versets 44-45).



Pourtant, cette explication ne correspond pas à la réalité historique, pour plusieurs raisons : (1) il n'y a pas eu d'empire mède après l'empire babylonien (Darius le Mède – Daniel 5, 31 ; 6 ; 9, 1 – « fut fait roi » uniquement de Chaldée, c'est-à-dire de la région autour de Babylone ; il n'a régné que moins d'une année et fut vice-roi de Cyrus le Grand) et, par conséquent, le second empire fut l'empire perse (cf. Daniel 8, 3-4. 20) ; (2) l'empire macédonien fut le troisième empire (cf. Daniel 8, 5. 7. 21) ; (3) le quatrième empire fut l'empire romain (cf. Daniel 2, 40), lequel fut le plus grand de tous et que la version musulmane de l'histoire ignore totalement ; (4) l'empire perse revitalisé par les sassanides pourrait être considéré comme le cinquième empire, ou éventuellement comme le troisième, mais ne peut en aucun cas être le quatrième, et pourtant cette prophétie se rapporte à ce qui s'est passé au cours du quatrième empire (cf. Daniel 2, 40. 44 ; 7, 7. 19. 23). C'est l'empire macédonien qui fut le troisième empire, et non le quatrième, ce que prouve ce qui est effectivement dit de lui, parce que c’est lui qui a renversé l'empire perse (cf. Daniel 8, 5. 7. 21) et, après la mort d'Alexandre, il fut divisé en quatre (cf. Daniel 8, 8. 22) ; à partir de là, il perdit progressivement toute son importance et fut finalement englouti par l'empire romain. C'est au temps de l'empire romain, qui dominait alors la presque totalité du monde civilisé, que le Christ est né dans une partie de cet empire. Le royaume qu'Il a établi n'était pas « de ce monde » (cf. Jean 18, 36 ; Luc 1, 31-33 ; Daniel 7, 13-14. 27) et il ne s'est pas imposé par le glaive, à la manière de tous les royaumes de ce monde. Le Christ se donnait pour titre : « le Fils de l'Homme », montrant ainsi qu'Il était la personne mentionnée en Daniel 7, 13 [[« Je regardais dans les visions de la nuit, et voici que sur les nuées vint comme un Fils d’homme… »]]. C'est à Lui qu’appartient le Royaume qui est présenté comme la pierre qui a empli la totalité de la terre (cf. Daniel 2, 45). Lorsqu'Il reviendra, tous les genoux fléchiront devant lui (cf. Philippiens 2, 9-11).



16. Habacuc 3,3 [[« Dieu vient de Théman, et le Saint de la montagne de Pharan (Séla). Sa majesté a couvert les cieux et la terre a été remplie de sa gloire. »]] Les musulmans semblent penser que « le Saint de la montagne de Pharan » était Mahomet. Mais nous constatons que ce verset dit ensuite : « Sa majesté a couvert les cieux, et la terre a été remplie sa gloire » ; l'emploi, dans ce passage, du pronom au singulier montre clairement que le « Saint » est Dieu, qui est mentionné au début de ce verset.



Nous avons déjà vu que le mont Pharan se trouve dans la péninsule du Sinaï et non pas à proximité de la Mecque. Théman était un district et une ville d'Édom, et la ville qui porte ce nom n’est pas très éloignée de Sela (Petra), à quelques jours de voyage au sud de Jéricho. Le mont Pharan et le mont Théman étaient donc proches l'un de l'autre, et tous deux, en fait, se trouvent à plusieurs centaines de kilomètres au nord de la Mecque et beaucoup plus proches de Jérusalem. Il est dit que Théman descendait d’Ésaü, père des Édomites (cf. Genèse 36, 11. 19), et cela confirme ce que nous enseignent les historiens, les géographes et les prophètes (cf. Jérémie 49, 5. 20 ; Ezéchiel 25, 13 ; Amos 1, 11 ; Abdias, versets 8-10) à propos de la situation de la ville qui portait ce nom. Si, après tout cela, des théologiens musulmans persistent à affirmer que Théman a un quelconque rapport avec l'islam, nous devons leur demander de remarquer comment, dans Abadie, Dieu menace de détruire complètement Théman [[« 8. Est-ce qu’en ce jour-là – oracle de Yahvé – je n’ôterai pas d’Édom les sages, et de la montagne d’Ésaü l’intelligence ? 9. Tes guerriers, ô Théman, seront dans l’épouvante, afin que tout homme soit retranché de la montagne d’Ésaü ». Mais nous, les chrétiens, nous n'appliquons pas cette prophétie à l'islam parce que nous savons qu’il n’y a absolument aucun rapport entre l'islam et Théman.



17. Aggée 2, 7 [[« J’ébranlerai toutes les nations, et les trésors de toutes les nations viendront ; je remplirai de gloire cette maison, dit Yahvé des armées »]]. Ici, des musulmans prétendent que l’expression : « les trésors [[anglais : « le désir » ; La Bible hébreu-français : « les délices »]] de toutes les nations » se rapporte à Mahomet parce que le mot hébreu qui signifie « désir, délices » (חמדּה hemdah — حمداة) dérive de la même racine que le nom « Mahomet ».



Mais on admet par ailleurs que, même en arabe, tous les mots qui proviennent de cette racine ne se rapportent pas nécessairement à Mahomet, et moins encore les mots hébreux qui en dérivent aussi. On retrouve ce mot hemdah en Daniel 11, 37 : « les délices des femmes », où il se rapporte probablement à de faux dieux adorés par les païens. Logiquement, nous ne pouvons donc pas fonder un quelconque argument sur la forme de ce mot. On ne peut pas démontrer non plus que les nations du monde « désiraient » la venue de Mahomet car, du point de vue des pays conquis, on ne peut guère considérer que la conquête mahométane de nombreux pays ait pu être une chose désirable, même si les Arabes désiraient, eux, faire de telles conquêtes. « Le désir [[les délices, les trésors]] de toutes les nations » peut avoir plusieurs sens : (1) « les choses désirables de toutes les nations », ce qui se rapporterait à l'argent et à l'or mentionnés au verset 8 ; (2) « le choix de tous les Gentils », c'est-à-dire « l'élection de la grâce » (cf. Romains 11, 5) parmi eux, c'est-à-dire l'Église chrétienne ; ou encore (3) le Seigneur Jésus-Christ lui-même, qui est effectivement venu dans Son Temple et qui, à Jérusalem, par l'Expiation qu'Il a faite, a donné la paix à Son peuple (cf. Aggée 2, 9 ; Malachie 3, 3 ; Matthieu 12, 6. 41-42 ; Luc 24, 36 ; Jean 14, 27 ; 16, 33 ; 20, 69. 21. 26).



De leur côté, pour fonder les arguments qu'ils avancent pour étayer leurs propres idées, les chiites s’appuient eux aussi sur quelques passages de l’Ancien Testament. Il est vrai que les sunnites ne sont pas d'accord avec eux ; néanmoins, il peut être utile de prendre ces arguments en considération parce qu’en réalité, sur le fond, ils sont tout aussi solides ou tout aussi instables que tous ceux que nous avons déjà vus.



18. Les chiites disent que Genèse 17, 20 : « Il engendrera douze princes » est une prophétie des douze imams dont ils considèrent qu'ils sont les successeurs légitimes de Mahomet.



Pour répondre à cette affirmation, il suffit de se rapporter à Genèse 25, 13-16, où nous lisons que la promesse a été accomplie dans les douze fils nés à Ismaël, dont les noms sont donnés, et qui sont expressément appelé « douze princes » à la fin du verset 16.



19. Les chiites considèrent aussi que Jérémie 46, 10 : « Car c'est un sacrifice pour le Seigneur Yahvé des armées, au pays du septentrion, sur le fleuve de l'Euphrate » est une prophétie du meurtre de Hussein à Karbala ; ils croient que, d'une certaine manière, sa mort fut un sacrifice pour le péché et une expiation.



Mais le second verset de ce même chapitre affirme qu'il se rapporte à « l’armée du pharaon Néchao, roi d'Égypte, qui était près du fleuve de l'Euphrate, à Carchémis, et que battit Nabuchodonosor, roi de Babylone, la quatrième année de Joakim, fils de Josias, roi de Juda », en 606 av. J.-C. Pour quelque musulman que ce soit, il apparaît difficile de supposer que le massacre d'une armée d'Égyptiens – qui, à l'époque, étaient des païens – fut une expiation pour le péché. Le mot qui est traduit ici par « sacrifice » signifie aussi « massacre » (comme le prouve des passages tels que Isaïe 34, 6-8 ; Ezéchiel 39, 17-21 ; Sophonie 1, 7-Cool. Outre tout cela, Jérémie n'aurait en aucune manière pu dire que le Karbala se trouvait « dans le pays du Nord (au septentrion) ».



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[1] Nombre des passages que nous étudions ici sont cités dans le Izharu'l Haqq et sont expliqués très en détail dans le Ibhatu'l Mujtahidin, dans les cinq volumes du Hidayah et dans d’autres ouvrages d’auteurs chrétiens.

[2] Remarquons bien, car c’est d’une importance extrême, qu’il s’agit là d’une réfutation complète de l’argument musulman. Comparer la sourate 7, versets 63 [[DM 65]], 71 [[DM 73]] et 83 [[DM 85]], où Houd fut envoyé aux ‘Ad, Calih aux Thamoud et Chu’aïb aux gens de Madian et où chacun d’eux est appelé « leur frère », alors que chacun d’eux s’adresse à ceux à qui il est envoyé en leur disant : « Ô mon peuple ») ; cf. sourates 7, 57 ; 11, 27. 30. 52. 64. 85 ; 26, 105-106. 123-124. 141-142. 176-177.

[3] Ceux de Moïse sont évoqués dans le Coran (sourate 7, 101-116. 160).

[4] Voir chapitre 5 ci-après.

[5] On trouvera une réponse complète in : Ibhatu'l Mujtahidin, pp. 84 sq.

[6] [Peut-être le mot juste serait-il plutôt : « une troupe montée sur des ânes ».]

[7] Gal. 6, 16.

[8] Col. 1, 18

Karl Pfander-Mahomet dans le Nouveau Testament ?

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Il s'agit du chapitre de Mizan ul-Haqq de Karl Gottlieb Pfander, relatif aux soidisantes prophéties de Mahomet dans l'Ancien Testament. Vous pouvez télécharger et lrie son livre ici:

http://jesusmarie.free.fr/islam_karl_pfander_mizanu_l_haqq_l_equilibre_de_la_verite.doc

Mizan ul-Haqq de Karl Gottlieb Pfander:



Nous allons maintenant passer au Nouveau Testament pour étudier, avec tout le soin et l'attention qui leur sont dus, les passages que les musulmans affirment être des prophéties se rapportant à Mahomet.



1. Matthieu 3, 2 : « Le royaume des cieux est proche ». Jean-Baptiste l’a affirmé, et Jésus l'a répété (cf. Matthieu 4, 17). Pour les musulmans, ce serait une prédiction de l'établissement de la puissance de l'islam (voir aussi Matthieu 13, 31-32 [[la parabole du grain de sénevé]]), le Coran étant la Loi du Royaume.



Cependant, pour bien comprendre le sens de cette expression : « le Royaume des cieux » ou encore, selon une autre que l'on trouve dans les Évangiles : le « Royaume de Dieu », il nous faut prendre en considération tous les passages du Nouveau Testament dans lesquels nous retrouvons ces expressions. L'un de ces passages est Matthieu 12, 28, où le Christ dit : « Si c’est par l'esprit de Dieu que je chasse sur les démons, le royaume de Dieu est donc arrivé à vous ». En Marc 9, 1, le Christ dit à ses disciples que certains de ceux qui étaient là, autour de lui, « ne goûteront point la mort qu’ils n’aient vu le Royaume de Dieu venu avec puissance ». Selon certains versets, ce Royaume serait déjà établi au cours de la vie du Christ alors que, selon d'autres, il semblerait qu'il doive être établi après sa mort ; l'établissement de Son Royaume a commencé avant que le Christ ne fût crucifié, mais il ne sera établi dans sa perfection que lorsqu'Il reviendra juger le monde (cf. Daniel 7, 13-14 ; Apocalypse 11, 15). Entre temps, il s'étend au jour le jour par la prédication de l'Évangile et par l'invitation à y entrer qui est donnée à tous les hommes (cf. Matthieu 28, 18-20). Ce royaume n'est pas « de ce monde » (Jean 18, 36) ; il ne s’accompagne pas de manifestations extraordinaires de nature terrestre (cf. Luc 17, 20) ; il appartient à ceux qui ont l'esprit d'humilité (cf. Matthieu 5, 3) et non pas aux orgueilleux ; les hommes ne peuvent y entrer que par une nouvelle naissance, une renaissance spirituelle (cf. Jean 3, 3. 5) ; il n'est pas possible que les méchants y demeurent (cf. 1 Corinthiens 6, 9-10 ; Galates 5, 21 ; Ephésiens 15, 5). Tout cela prouve qu'il apparaît difficile d'identifier ce « Royaume » avec l'empire fondé par Mahomet et ses successeurs.



2. Matthieu 17, 11. Pour certains musulmans, les mots : « Élie vient en effet » constitue une prédiction de la venue de Mahomet.



Mais le Christ ajoute immédiatement : « Mais je vous dis qu'Élie est déjà venu ; et ils ne l'ont pas reconnu, mais ils l'ont traité comme ils ont voulu » (verset 12). Le verset suivant ajoute : « Les disciples comprirent alors qu'il leur avait parlé de Jean le Baptiste » (verset 13). Bien entendu, Jean-Baptiste n'était pas Élie en personne : en effet, la Bible n'enseigne nulle part la transmigration des âmes (تناسُخ). C'est pourquoi Jean-Baptiste a répondu comme il l'a fait (cf. Jean 1, 21) lorsqu'on lui a demandé s'il était ou non Élie : il a répondu qu’il était le héraut du Christ, désigné avant sa naissance pour le précéder « avec l'esprit et la puissance d'Élie » (Luc 1, 10), ainsi que l'avait prédit l'ange Gabriel (cf. Luc 1, 19) ; et, dans ce sens, comme l'avait prédit Malachie (cf. Malachie 4, 5), il est venu comme Élie, vivant tout à fait à la manière de ce dernier (cf. Matthieu 3, 4), souvent dans le désert (1 Rois 17, 1-6).



3. Matthieu 20, 1-16 [[Parabole des ouvriers envoyés à la vigne]]. À propos de cette parabole, certains musulmans affirment que « le matin » représente les juifs, « midi » les chrétiens et « le soir » la foi mahométane.



Mais le « soir » du verset 8 est le temps mentionné au chapitre 19, 28, lorsque le Christ affirme : « Au renouvellement, le Fils de l'homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m'avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d'Israël » – en d’autres termes, à la fin des temps, lorsque le Seigneur Jésus-Christ viendra sur les nuées du ciel avec puissance et grande gloire pour juger le monde (cf. Matthieu 24, 30-31 ; Marc 13, 26-27 ; Luc 21, 27 ; Apocalypse 1, 7 ; 20, 11-15). Cela est confirmé par le fait que Matthieu commence cette parabole par : « car », et que celle-ci se termine par les mots : « Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers derniers », une expression qui est reprise, sans grande modification, de la fin du chapitre précédent. Le soir de l'histoire du monde s'approche maintenant, et tant les chrétiens que les musulmans pensent que le Christ va bientôt revenir. Comme Sa domination s'exercera jusqu'à la fin du monde et qu’alors Il jugera les vivants et les morts lorsqu'Il apparaîtra (cf. 2 Timothée 4, 1), la Loi islamique n'a aucune raison d'être. Par conséquent, elle ne peut être prédite dans cette parabole.



4. Matthieu 21, 33-44 [[Parabole des vignerons homicides]] (voir aussi Marc 12, 1-11 ; Luc 20, 9-18). Pour les musulmans, le Christ prophétise la venue de Mahomet et le succès de ses armes. Ils admettent que le maître de maison est Dieu et que, dans cette parabole, le Christ parle de Lui-même lorsqu'Il mentionne « le fils du maître de maison » ; ils admettent aussi que, dans cette parabole, le Christ parle de Lui-même, prédisant qu’Il sera mis à mort par les juifs. Il serait bon que les musulmans prennent le temps de réfléchir sur ces admissions. S’ils admettent que le Christ a bien dit cela, ils doivent alors confesser qu'Il est le Fils de Dieu et qu'Il est mort pour les péchés des hommes. Une fois cela admis, il n'est pas nécessaire de trouver là une prophétie relative à Mahomet.



Mais si les musulmans n’admettent pas que cela fut dit par le Christ, alors ils n'ont pas le droit d'affirmer qu’Il a raconté cette parabole et, par conséquent, le sens qu’elle peut avoir ne revêt plus aucune importance pour eux. De ce fait, l’argument qu’ils avancent à propos de cette parabole ne tient pas. Il faut également noter que, dans cette parabole, aucun messager n’est envoyé après le fils. Du fait que les musulmans admettent que les serviteurs envoyés par le maître de maison sont des prophètes de Dieu, cette parabole démontre bien qu'aucun prophète ne devait être envoyé après le Christ. Une fois encore, leur argument est complètement réfuté.



En outre, le Christ cite le passage du Psaume 143, 22 où il est question de « la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs » ; en Actes 4, 11-12, Pierre explique que, lorsqu’il a parlé de cette pierre, le Psalmiste pensait au Christ Lui-même[1] ; il dit en effet : « C’est lui la pierre rejetée par VOUS les bâtisseurs ». Dans ce sens, les « bâtisseurs » étaient les juifs qui vivaient à Son époque et non pas Abraham et Ismaël qui ont construit la Ka'bah, ainsi que l'affirment les musulmans. Cette même parabole déclare que le Royaume de Dieu sera enlevé aux juifs et « donné à un peuple qui en produira les fruits » (Matthieu 21, 44). Pour les musulmans, cela signifie les fils d'Ismaël ; mais le Nouveau Testament montre bien que ceux qui croient vraiment au Christ, ce sont ceux-là qui constituent « une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis… afin que vous annonciez les perfections de Celui qui vous a appelés des ténèbres à Sa merveilleuse lumière ; vous qui, autrefois, n'étiez pas son peuple, et qui êtes maintenant le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 Pierre 2, 9-10).



Ce passage nous enseigne aussi quels ont été les fruits dont le Seigneur Dieu voulait qu’ils fussent produits. Nous retrouvons cette même leçon en Tite 2, 14 (comparer Galates 5, 22-24). Il y est expliqué que les « autres ouvriers » à qui la vigne devait être donnée, c'est l'Église chrétienne, et que la vigne est le Royaume de Dieu (Matthieu 21, 43 explique le verset 41). Par conséquent, ce ne peuvent être Mahomet et ses disciples. Étant donné que la pierre, c’est le Christ, elle ne peut être Agar, ni la Pierre Noire dans le mur de la Ka’bah et elle ne peut pas non plus être Mahomet. On voit donc que ce qui déplaît à Dieu, selon cette parabole, c’est l'opposition au Christ, une opposition qui, à la fin, sera fatale et catastrophique pour tous Ses ennemis. La destruction de Jérusalem par les Romains en 70 ap. J.-C., une quarantaine d'années après la Crucifixion du Christ, a expliqué en partie le sens de cette parabole. Certains musulmans croient que le « Maître de la Vigne » qui devait venir (cf. Matthieu 21, 40) fut Mahomet. Mais cette conception n'a aucun fondement car c'est le Christ (verset 37) qui était le Fils du Maître de la Vigne, et nul n'ira s’imaginer qu’Il fut le fils de Mahomet. Ce n'est qu'en forçant le sens des mots et en ne tenant pas compte du contexte ni des explications données par d'autres parties de la Bible que l'on peut donner une apparence de plausibilité à l’interprétation musulmane de cette parabole.



5. Marc 1,7 [[« Il vient après moi, celui qui est plus puissant que moi, dont je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses sandales »]]. Les musulmans disent souvent : « L'Injil contient les paroles de Jésus et, dans ce sens, nous constatons que, en Marc 1, 7, il a prophétisé la venue de Mahomet lorsqu'il a dit : « Il vient après moi, celui qui est plus puissant que moi, etc. ».



Cela démontre à quel point il est désespérément impossible aux musulmans de trouver une quelconque prophétie relative à Mahomet ; en effet, le verset 6 de ce chapitre nous précise que ces mots n'ont pas été prononcés par Jésus mais par Jean-Baptiste. En outre, nous apprenons en Jean 1, 26-34 que Jean-Baptiste a parlé du Christ et non pas de Mahomet. D'ailleurs, le contexte le montre clairement (voir aussi Matthieu 3, 11-14 ; Luc 3, 16-17). Et si, pour étayer cet argument, on avance que le Christ était déjà dans le monde et que, par conséquent, on ne pouvait pas prétendre qu'Il venait après Jean, la réponse est qu’Il a commencé à prêcher après que Jean eut été jeté en prison (cf. Marc 1, 14 ; comparer Matthieu 4, 12. 17) et que, donc, son ministère à lui était terminé puisque, peu après, il fut décapité en prison sur ordre d’Hérode.



6. Jean, 1, 21. [[« Et (les prêtres et les lévites) lui demandèrent (à Jean-Baptiste) : "Quoi donc ? Êtes-vous Élie ?" Il dit : "Je ne le suis point. – Êtes-vous le Prophète ?" Il répondit : "Non". »]] « Ici, disent certains musulmans, il est clairement question de Mahomet. Les juifs ont mentionné ici trois prophètes successifs : le Christ, Élie, et "le Prophète", c'est-à-dire Mahomet, et Jean ne les a pas contredits. "Le Prophète" est Mahomet, qui est prédit en Deutéronome 18, 18. Ce prophète ne peut pas être le Christ ni Élie, dont les noms sont expressément mentionnés à part. »



Pourtant, nous avons déjà vu que Deutéronome 18, 18 ne peut pas se rapporter à Mahomet mais qu'il se réfère en réalité au Christ. Donc, dans ce verset, « le Prophète » est le Christ. Ici, les juifs ont énuméré les prophètes à rebours. Ils pensaient que Jean-Baptiste pouvait être le Messie Promis. Lorsque Jean l'a nié, ils lui ont demandé s'il était le héraut, le prédécesseur ou le messager du Messie : Élie (cf. Malachie 3, 5 ; Matthieu 17, 10 ; Marc 9, 11). Jean expliqua qu'il n'était pas Élie en personne et que ce dernier n'était pas revenu sur la terre comme les juifs pensaient qu’il le ferait (néanmoins, Jean était la personne à laquelle se réfère Malachie 3, 5 ; voir Matthieu 11, 14). Étant donc incapables de comprendre qui il était, les juifs lui demandèrent s’il était « le Prophète », évoquant par là Deutéronome 18, 18.



Pour ce qui est du sens à attribuer à cette dernière prophétie, les juifs de l'époque étaient quelque peu divisés et bon nombre d'entre eux comprenaient à juste titre qu'elle se référait au Messie promis, ainsi que le confirme Jean 6, 14. Mais ce n'était pas l'avis d'autres juifs, ainsi que nous le voyons en Jean 7, 40-41, car ils supposaient que le prophète mentionné en Deutéronome 18, 15. 18 était un autre héraut, ou prédécesseur, du Messie promis. Tout ce passage (Jean 1, 19-28) montre que les juifs voulaient savoir si Jean-Baptiste était le Messie ou l'un des messagers annonçant Sa venue. Il n'aurait pas été logique de demander à Jean-Baptiste s’il était censé être un prophète qui viendrait plusieurs centaines d’années après le Messie alors que le Messie Lui-même ne s’était pas encore présenté comme tel et que les juifs ne L'avaient pas reconnu.



7. Jean 4, 21 [[« Jésus lui dit (à la Samaritaine) : "Femme, croyez-moi : l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père". »]]. Certains supposent que ce passage est une affirmation selon laquelle Jérusalem ne serait plus la cité sainte et la qiblah [[direction de la prière pour les musulmans]], mais qu’elle serait remplacée par une autre ville, laquelle, selon les musulmans, ne peut être que La Mecque.



Pourtant, aux versets 23-24 [[« 23. Maintenant l’heure vient, et c’est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; aussi bien, le Père désire que soient tels ceux qui l’adorent. 24. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité »]], le Christ Lui-même explique ce qu'il a voulu vraiment dire en précisant que le culte vrai et acceptable ne dépend pas du lieu où il est offert mais de l'état dans lequel se trouve le cœur de celui qui adore. De ce fait, Il exclut la possibilité qu'il puisse jamais y avoir, par la suite, une véritable qiblah sur la terre.



8. Jean 14, 30 : « Le prince de ce monde vient ». Beaucoup de musulmans considèrent que ces paroles du Christ sont une prédiction de la venue de Mahomet.



Mais, en premier lieu, le contexte montre que, ici, le Christ ne parlait pas d’un prophète qui devait venir après lui, puisqu'il ajoute : « et il n'a aucun pouvoir sur moi ». Cela montre que la personne dont il était question était un ennemi de tout ce qui est bien, ce que l'on ne peut pas dire d’un quelconque prophète. En second lieu, lorsque nous comparons ce passage de l'Écriture ou tout autre dans lequel ce titre ou d’autres équivalents sont attribués à la personne dont il est question ici, nous constatons qu'il s'agit de Satan – voir Luc 10, 18 ; Jean 12, 31 ; 16, 11 ; 2 Corinthiens 4, 4 ; Éphésiens 2, 2 ; 6, 11-12.



9. Jean 14, 16-17. 26 ; 15, 26 ; 16, 13, etc. Les musulmans affirment que le Paraclet mentionné par le Christ dans ces passages est Mahomet, dont ils considèrent que le nom est une traduction de ce mot. Ils prétendent que cette prophétie [[ « 16. Et moi, je prierai le Père, et Il vous donnera un autre Intercesseur (Paraclet) pour qu’il soit avec vous toujours, 17. l’esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous et qu’il est en vous »]] s’est accomplie en Mahomet puisqu’il a reçu le Coran de l'ange Gabriel (dont les musulmans s'imaginent qu'il est le Saint-Esprit), qu’il a témoigné du Christ (cf. Jean 15, 26) et qu’il l’a glorifié (cf. Jean 16, 14), le présentant comme un prophète, comme étant né d'une Vierge, comme ayant fait des miracles, comme étant monté au Ciel sans mourir, comme n'étant pas le Fils de Dieu et n'ayant jamais prétendu l’être, et comme ayant reçu l'Évangile. Les musulmans affirment que, pour les premiers chrétiens, le Christ avait promis qu'un autre grand prophète devait venir après lui et que cela est démontré par le fait que Mani a prétendu être le Paraclet, ce qui explique pourquoi de nombreux chrétiens ont admis qu’il était venu accomplir cette prophétie.



Mais quiconque connaît et étudie soigneusement le Nouveau Testament ne peut en aucune manière accepter cette interprétation des paroles prononcées par Notre-Seigneur dans les chapitres 14, 15 et 16 de l'Évangile selon saint Jean. En effet : (1) En premier lieu, le sens du mot « Paraclet » n'a absolument rien à voir avec celui de « Mahomet ». Il signifie le « Consolateur », l’« Intercesseur » et aussi l’« Avocat » (الوكيل). Manifestement, le premier de ces titres ne convient pas au « Prophète au Glaive », et le Coran lui-même affirme que le titre d'Avocat ne peut être attribué qu'à Dieu Lui-même (cf. sourates 17 : Al Asra' ou Banu Isra'il, verset 56 ; 4 : An Nisa', verset 83). Par conséquent, Mahomet ne peut pas être le Paraclet. (2) Dans le Nouveau Testament, le titre de Paraclet n'est appliqué qu'à l'Esprit Saint, comme dans ces chapitres (cf. Jean 14, 16-17. 26 ; 15, 26 ; 16, 13) et aussi, par implication, au Christ (cf. Jean 14, 16 ; voir aussi 1 Jean 2, 1). (3) Le Paraclet dont le Christ parle ici n'est donc pas un homme, mais un esprit, l'Esprit de Vérité, invisible ; Il demeurait alors dans les disciples du Christ et il fallait qu’Il vînt demeurer dans leur cœur (cf. Jean 14, 17 ; 16, 14). (4) Il devait être envoyé par le Christ (cf. Jean 15, 26 ; 16, 7), ce que les musulmans ne peuvent pas admettre à propos de Mahomet. (5) Il avait pour tâche non pas de rassembler des armées et de remporter des victoires avec des armes terrestres mais de convaincre les hommes de péché, l'essence même du péché étant de ne pas croire au Christ (cf. 16, 9). (6) Il devait enseigner non pas de le glorifier Lui mais de glorifier le Christ, non pas de dire ce qui venait de Lui mais ce qu’il recevrait du Christ (cf. Jean 16, 14-15). (7) Enseigner aux hommes à nier la vérité que le Christ est le Fils de Dieu, chose que le Christ a affirmée sous serment (cf. Marc 14, 61), et refuser de croire à Sa nature divine, laquelle (comme nous l'avons vu) est enseignée tant par l'Ancien Testament que par le Nouveau (par exemple en Isaïe 9, 6 ; Psaume 45, 6 ; Jean 10, 30 ; Hébreux 1), ce n'est pas « glorifier » le Christ mais s’opposer à lui. (Cool Nier que le Christ fut crucifié et que, ce faisant, Il a expié pour les péchés du monde entier, c’est nier également une autre des doctrines les plus essentielles de toute la Bible (cf. Psaume 22 ; Isaïe 52, 13 et 53 ; Matthieu 20, 19, etc., etc.), car le salut de tous les hommes dépend du fait qu'Il est mort sur la croix en expiation de leurs péchés. (9) Nier Sa Crucifixion, c’est aussi, nécessairement, nier Sa Résurrection, sur laquelle se fonde toute la foi chrétienne (cf. 1 Corinthiens 15, 17-19). Du fait, donc, que Mahomet contredit l'Injil sur toutes ces doctrines et sur d'autres doctrines essentielles encore et que, par conséquent, il est en opposition complète avec la foi que le Christ a enseignée et a enjoint à Ses disciples d'enseigner à toutes les nations (cf. Matthieu 28, 18-20), il est impossible de dire que Mahomet a accompli la prophétie selon laquelle le Paraclet rappellerait aux Apôtres ce que le Christ leur avait enseigné (cf. Jean 14, 26). (10) Se référer à la prétention qu'affirmait Mani d'être le Paraclet pour prouver que, le Paraclet, c'était en réalité Mahomet, c’est là une curieuse façon de fonder un argument. Si nous, les chrétiens, nous allions comparer Mahomet à Mani et le Coran à l'Artang,[2] livre dont Mani prétendait qu'il lui avait été apporté du ciel et qu’il était tel que personne ne pourrait en produire un identique, cela offenserait gravement nos frères musulmans.



On remarquera, à ce propos, que l'auteur de ces pages s'abstient soigneusement d'établir une telle comparaison. Mais il est bien clair que les chrétiens les mieux instruits ont refusé d’accepter Mani, principalement parce qu'ils savaient (1) que les prophéties relatives au Paraclet étaient telles qu'elles ne pouvaient être accomplies par aucun homme, mais uniquement par l'Esprit Saint, et (2) que ces prophéties avaient déjà été accomplies par la descente de l'Esprit Saint, le cinquantième jour après la Crucifixion du Christ (cf. Actes 1-36). Cela montre que, à l'époque de Mani, le Nouveau Testament enseignait exactement la même chose qu'aujourd'hui. Les seules prophéties faites par le Christ à propos de prophètes qui se présenteraient après lui n'étaient pas telles qu'elles eussent incité des chrétiens à accepter quiconque prétendait être prophète (cf. Matthieu 24, 11. 24 [[« Et il s’élèvera plusieurs faux prophètes, qui en induiront un grand nombre en erreur… Car il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes, et ils feront de grands miracles et prodiges, jusqu’à induire en erreur, s’il se pouvait, les élus mêmes »] ; Marc 13, 22 [[« Car il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes, et ils feront des miracles et des prodiges pour induire en erreur, s’il se pouvait, les élus »]] ; comparer Matthieu 7, 15 [[« Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous sous des vêtements de brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces »]]), et c'est pour cela qu'ils ont refusé d'accepter Mani, que les musulmans considèrent eux aussi comme un faux prophète. (11) Le Paraclet devait établir sa demeure dans le cœur de tous les vrais chrétiens (cf. Jean 16, 14 ; comparer 1 Corinthiens 6, 19 ; Romains 8, 9), ce que l'on ne peut pas dire de Mahomet. (12) Le Christ a promis que le Paraclet, l'Esprit Saint (cf. Jean 14, 26) descendrait du ciel sur les disciples quelques jours après Son Ascension (cf. Actes 1, 5), et Il leur a enjoint de ne pas se lancer dans l'évangélisation du monde (cf. Matthieu 28, 19-20) tant que le Paraclet ne serait pas descendu sur eux : ils devaient attendre à Jérusalem que cette promesse fût accomplie (cf. Luc 24, 49 ; Actes 1, 4. Cool. Cela signifiait-il qu'ils devaient attendre que Mahomet vînt se présenter comme prophète, ce qu’il fit près de 600 ans plus tard ? À cette époque, ils étaient tous morts. En outre, comme nous l'avons vu, cette promesse fut accomplie le jour de la Pentecôte (cf. Actes 2), juste après l'Ascension du Christ. C'est alors seulement que, comprenant bien leur devoir, ils commencèrent à prêcher l'Évangile dans le monde entier. Il est donc évident que, dans la promesse de la venue du Paraclet, on ne peut trouver aucune référence à Mahomet.



10. En 1 Jean 4, 2-3 [[« Vous reconnaîtrez à ceci l’esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu »]], certains se sont efforcés de démontrer que « l’esprit de Dieu » mentionné ici se rapporte à Mahomet.



Mais aucun musulman authentique ne donnera jamais un tel titre à Mahomet. Certains disent que, conformément à ce qui est dit au verset 2, Mahomet a enseigné que Jésus-Christ était « venu en chair » parce qu'il a nié la divinité du Christ et qu’il a affirmé qu'il n’était qu’un homme comme les autres. Pourtant l’expression « venir en chair » n'a aucune signification si on l’applique à un homme quelconque. En réalité, ce verset condamne la conception docétique selon laquelle le corps du Christ n'était qu'un fantôme, une apparence, et que ce n'était pas un véritable corps humain. Cette même épître condamne en termes vigoureux la croyance selon laquelle le Christ serait un simple humain (cf. 1 Jean 2, 22-23 ; 5, 5. 9-13. 20). On voit donc que la déduction que certains érudits tirent de 1 Jean 4, 2-3 ne peut en aucune manière confirmer les prétentions de Mahomet.



11. Jude 14-15 [[« C’est d’eux aussi (les incrédules) qu’Énoch, le septième patriarche depuis Adam, a prophétisé en ces termes : "Voici que le Seigneur est venu avec la multitude innombrable des saints, pour exécuter son jugement sur tous, et convaincre tous les impies de toutes les œuvres d’impiété qu’ils ont commises et de toutes les paroles criminelles qu’eux, les impies, ont proférées contre lui". »]] Certaines personnes sont allées jusqu'à affirmer que « le Seigneur » mentionné dans ce passage est Mahomet, et que les mots : « exécuter son jugement » rappellent qu'il est « le Prophète au Glaive » et qu'il a fait la guerre à ses ennemis.



Mais aucun musulman authentique ne peut adhérer à cette conception car le titre « le Seigneur » (الرّبّ) appartient à Dieu et, dans le Coran (comparer sourate 9 : At Taubah, verset 31), il n'est donné qu’à Lui. La prophétie d’Énoch qui est citée par Jude se réfère à la Seconde Venue du Christ, lorsqu'Il viendra juger le monde (cf. Daniel 7, 13-14 ; Matthieu 24, 29-51 ; 2 Thessaloniciens 1, 6-10 ; Apocalypse 1, 7 ; 19, 11-21). Dans le nouveau Testament, le titre de « Seigneur » est souvent appliqué au Christ, et cela à juste titre, ainsi que nous l’apprenons en Philippiens 2, 9-11.



12. Apocalypse 2, 26-29 [[« Et à celui qui vaincra et qui gardera jusqu’à la fin mes œuvres, je donnerai pouvoir sur les nations ; il les gouvernera avec un sceptre de fer, ainsi que l’on brise les vases d’argile, comme j’en ai reçu moi-même le pouvoir de mon Père, et je lui donnerai l’étoile du matin. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises ! »]]. Pour certains musulmans, il s’agirait ici encore d’une prédiction relative au « Prophète au Glaive ».



Mais, si c’était le cas, il s’ensuivrait que Mahomet aurait reçu son pouvoir du Christ, parce qu'il aurait fait les œuvres du Christ, c’est-à-dire obéi à Ses commandements, jusqu'à la fin. Les musulmans considèrent que Mahomet fut un prophète plus grand que le Christ et, par conséquent, ils ne peuvent pas vraiment croire que ces mots se rapportent à Mahomet. Il convient de remarquer que, dans ces versets, celui qui parle, c’est le Christ, et Il dit de Dieu que c'est Son Père. Le sens de ce verset apparaît à l'évidence si on le compare avec les versets 7, 11 et 17 de ce même chapitre, ainsi qu'avec le chapitre 3, versets 5, 12 et 21, où l'on trouve à plusieurs reprises l'expression : « celui qui vaincra ». Le contexte montre qu'il s’agit d’une promesse générale, qui s’adresse à toute personne qui remporte la victoire, et que cette victoire n’est pas une victoire sur des hommes mais sur ses propres péchés et sur les tentations du monde, de la chair et du diable.



Ce sont là tous les passages importants dont les musulmans s'imaginent qu'ils contiennent des prophéties relatives à Mahomet. Il apparaît très clairement que pas un seul d’entre eux ne constitue une prédiction à son sujet. D'ailleurs, le Nouveau Testament ne nous permet en aucune manière d'attendre une quelconque autre Loi après la Loi chrétienne, avant le retour du Christ et l'établissement complet de Son Royaume éternel. Cette preuve particulière de la mission divine de Mahomet ne tient donc absolument pas.



Il est vrai que certaines personnes sont stupéfaites de lire, en Apocalypse 9, 4 : « On leur ordonna de ne point nuire à l’herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n'ont pas le sceau de Dieu sur leur front » ; en effet, ces gens affirment que cette prophétie fut effectivement accomplie lorsque le calife Abu Bakr envoya les armées de l’islam conquérir la Syrie. Il est en effet très remarquable de trouver, chez deux historiens arabes – qui ne connaissaient probablement pas ce texte – des passages qui rappellent celui-ci : cheikh Jalapine Suyuti[3] dit que Al-Baihaqi et d'autres, s’appuyant sur l'autorité de ‘Imranu'l Juni, auraient affirmé qu’Abu Bakr, lorsqu'il nomma Yazid ibn Abi Sufyan à la tête de l'armée qui devait partir en Syrie, lui dit : « Tu ne tueras ni une femme, ni un enfant, ni un vieillard décrépit, tu ne couperas pas des arbres portant des fruits, tu ne dévasteras pas des terres cultivées, tu n’égorgeras pas des moutons ni des bêtes de somme, sinon pour les manger, tu ne couperas pas ni ne brûleras des dattiers ; tu ne commettras aucune traîtrise ni aucune lâcheté ». Katib al-Waqidi[4] rapporte lui aussi la même chose, mais encore plus longuement. Il nous dit que, à cette occasion, Abu Bakr dit à Yazid : « Lorsque tu auras vaincu tes ennemis, ne tue pas un jeune garçon, ni un très vieil homme, ni une très vieille femme, ni une femme, ni un enfant en bas âge, n'approche pas d'un dattier, ne brûle pas un champ de blé, ne coupe pas d’arbre portant des fruits, n’égorge pas des animaux, sinon pour en manger, ne reviens pas sur ta parole lorsque tu as conclu un accord ; ne romps pas le contrat lorsque tu as conclu la paix. Et tu ne t'approcheras pas de communautés vivant en cellules, des moines qui s'imaginent qu'ils servent Dieu, c'est pourquoi laisse-les tranquilles, ils ne se sont pas fermés à Lui et ils s’imaginent être avec Lui ; et tu ne détruiras pas leurs cellules, et tu ne les tueras pas. Mais tu trouveras une autre communauté, la secte de Satan et de ceux qui adorent des croix, qui se sont rasé le milieu de la tête jusqu'à être, en quelque sorte, des nids pour l’oiseau qata[5] (القطا). C'est pourquoi, avec ton glaive, fends-les par le milieu de la tête jusqu'à ce qu'ils reviennent à l’islam ou qu'ils "donnent volontairement la djiziya [[capitation]] et qu'ils soient humbles". Et je vous ai recommandé à Dieu. »[6]



Il est certain qu’il y a une très grande ressemblance entre le passage de l'Apocalypse que nous avons cité et les instructions ainsi données aux Arabes, qui venaient du pays des sauterelles, en nuées presque aussi nombreuses. Cela dit, dans ce passage, il n’est absolument pas question d’un prophète ; par conséquent, on ne peut dire qu'il étaye les affirmations de Mahomet. En outre, aucun musulman authentique ne peut invoquer ce chapitre avec une quelconque satisfaction, quand bien même on admettrait qu'il agit d'une prophétie qui fut accomplie quelques années après la mort de Mahomet.



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[1] Voir aussi 1 Pierre 2, 4-8.

[2] Le fait que Mani était peintre et que l’Artang contenait de nombreuses illustrations est mentionné dans la Shahnamah [[de Fardusi]], mais non par Al-Ya'Qubi, Al-Biruni, ash-Shahristani ou d’autres auteurs arabes importants.

[3] Tarikh al-Khulafa (تاريخ الْخُلَفاء), publié par la Muhammadi Press, Lahore, Penjab, 1304 de l’Hégire, p. 66.

[4] Futuh ush-Sham (فتوح الشّام), publié par Nawal Kishor Press, Kanpur, 1287 de l’Hégire, p. 5.

[5] Ardea stellaris

[6] Dans le Rawzat-us-Safa (vol. II, page 164), nous lisons que, avant l’expédition de Tabouk, Mahomet donna lui-même des instructions identiques (sur une forme plus brève) à ses troupes. Voir IIIe partie, chapitre 7.
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