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Karl Pfander-Mahomet dans le Nouveau Testament ?

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Il s'agit du chapitre de Mizan ul-Haqq de Karl Gottlieb Pfander, relatif aux soidisantes prophéties de Mahomet dans l'Ancien Testament. Vous pouvez télécharger et lrie son livre ici:

http://jesusmarie.free.fr/islam_karl_pfander_mizanu_l_haqq_l_equilibre_de_la_verite.doc

Mizan ul-Haqq de Karl Gottlieb Pfander:



Nous allons maintenant passer au Nouveau Testament pour étudier, avec tout le soin et l'attention qui leur sont dus, les passages que les musulmans affirment être des prophéties se rapportant à Mahomet.



1. Matthieu 3, 2 : « Le royaume des cieux est proche ». Jean-Baptiste l’a affirmé, et Jésus l'a répété (cf. Matthieu 4, 17). Pour les musulmans, ce serait une prédiction de l'établissement de la puissance de l'islam (voir aussi Matthieu 13, 31-32 [[la parabole du grain de sénevé]]), le Coran étant la Loi du Royaume.



Cependant, pour bien comprendre le sens de cette expression : « le Royaume des cieux » ou encore, selon une autre que l'on trouve dans les Évangiles : le « Royaume de Dieu », il nous faut prendre en considération tous les passages du Nouveau Testament dans lesquels nous retrouvons ces expressions. L'un de ces passages est Matthieu 12, 28, où le Christ dit : « Si c’est par l'esprit de Dieu que je chasse sur les démons, le royaume de Dieu est donc arrivé à vous ». En Marc 9, 1, le Christ dit à ses disciples que certains de ceux qui étaient là, autour de lui, « ne goûteront point la mort qu’ils n’aient vu le Royaume de Dieu venu avec puissance ». Selon certains versets, ce Royaume serait déjà établi au cours de la vie du Christ alors que, selon d'autres, il semblerait qu'il doive être établi après sa mort ; l'établissement de Son Royaume a commencé avant que le Christ ne fût crucifié, mais il ne sera établi dans sa perfection que lorsqu'Il reviendra juger le monde (cf. Daniel 7, 13-14 ; Apocalypse 11, 15). Entre temps, il s'étend au jour le jour par la prédication de l'Évangile et par l'invitation à y entrer qui est donnée à tous les hommes (cf. Matthieu 28, 18-20). Ce royaume n'est pas « de ce monde » (Jean 18, 36) ; il ne s’accompagne pas de manifestations extraordinaires de nature terrestre (cf. Luc 17, 20) ; il appartient à ceux qui ont l'esprit d'humilité (cf. Matthieu 5, 3) et non pas aux orgueilleux ; les hommes ne peuvent y entrer que par une nouvelle naissance, une renaissance spirituelle (cf. Jean 3, 3. 5) ; il n'est pas possible que les méchants y demeurent (cf. 1 Corinthiens 6, 9-10 ; Galates 5, 21 ; Ephésiens 15, 5). Tout cela prouve qu'il apparaît difficile d'identifier ce « Royaume » avec l'empire fondé par Mahomet et ses successeurs.



2. Matthieu 17, 11. Pour certains musulmans, les mots : « Élie vient en effet » constitue une prédiction de la venue de Mahomet.



Mais le Christ ajoute immédiatement : « Mais je vous dis qu'Élie est déjà venu ; et ils ne l'ont pas reconnu, mais ils l'ont traité comme ils ont voulu » (verset 12). Le verset suivant ajoute : « Les disciples comprirent alors qu'il leur avait parlé de Jean le Baptiste » (verset 13). Bien entendu, Jean-Baptiste n'était pas Élie en personne : en effet, la Bible n'enseigne nulle part la transmigration des âmes (تناسُخ). C'est pourquoi Jean-Baptiste a répondu comme il l'a fait (cf. Jean 1, 21) lorsqu'on lui a demandé s'il était ou non Élie : il a répondu qu’il était le héraut du Christ, désigné avant sa naissance pour le précéder « avec l'esprit et la puissance d'Élie » (Luc 1, 10), ainsi que l'avait prédit l'ange Gabriel (cf. Luc 1, 19) ; et, dans ce sens, comme l'avait prédit Malachie (cf. Malachie 4, 5), il est venu comme Élie, vivant tout à fait à la manière de ce dernier (cf. Matthieu 3, 4), souvent dans le désert (1 Rois 17, 1-6).



3. Matthieu 20, 1-16 [[Parabole des ouvriers envoyés à la vigne]]. À propos de cette parabole, certains musulmans affirment que « le matin » représente les juifs, « midi » les chrétiens et « le soir » la foi mahométane.



Mais le « soir » du verset 8 est le temps mentionné au chapitre 19, 28, lorsque le Christ affirme : « Au renouvellement, le Fils de l'homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m'avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d'Israël » – en d’autres termes, à la fin des temps, lorsque le Seigneur Jésus-Christ viendra sur les nuées du ciel avec puissance et grande gloire pour juger le monde (cf. Matthieu 24, 30-31 ; Marc 13, 26-27 ; Luc 21, 27 ; Apocalypse 1, 7 ; 20, 11-15). Cela est confirmé par le fait que Matthieu commence cette parabole par : « car », et que celle-ci se termine par les mots : « Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers derniers », une expression qui est reprise, sans grande modification, de la fin du chapitre précédent. Le soir de l'histoire du monde s'approche maintenant, et tant les chrétiens que les musulmans pensent que le Christ va bientôt revenir. Comme Sa domination s'exercera jusqu'à la fin du monde et qu’alors Il jugera les vivants et les morts lorsqu'Il apparaîtra (cf. 2 Timothée 4, 1), la Loi islamique n'a aucune raison d'être. Par conséquent, elle ne peut être prédite dans cette parabole.



4. Matthieu 21, 33-44 [[Parabole des vignerons homicides]] (voir aussi Marc 12, 1-11 ; Luc 20, 9-18). Pour les musulmans, le Christ prophétise la venue de Mahomet et le succès de ses armes. Ils admettent que le maître de maison est Dieu et que, dans cette parabole, le Christ parle de Lui-même lorsqu'Il mentionne « le fils du maître de maison » ; ils admettent aussi que, dans cette parabole, le Christ parle de Lui-même, prédisant qu’Il sera mis à mort par les juifs. Il serait bon que les musulmans prennent le temps de réfléchir sur ces admissions. S’ils admettent que le Christ a bien dit cela, ils doivent alors confesser qu'Il est le Fils de Dieu et qu'Il est mort pour les péchés des hommes. Une fois cela admis, il n'est pas nécessaire de trouver là une prophétie relative à Mahomet.



Mais si les musulmans n’admettent pas que cela fut dit par le Christ, alors ils n'ont pas le droit d'affirmer qu’Il a raconté cette parabole et, par conséquent, le sens qu’elle peut avoir ne revêt plus aucune importance pour eux. De ce fait, l’argument qu’ils avancent à propos de cette parabole ne tient pas. Il faut également noter que, dans cette parabole, aucun messager n’est envoyé après le fils. Du fait que les musulmans admettent que les serviteurs envoyés par le maître de maison sont des prophètes de Dieu, cette parabole démontre bien qu'aucun prophète ne devait être envoyé après le Christ. Une fois encore, leur argument est complètement réfuté.



En outre, le Christ cite le passage du Psaume 143, 22 où il est question de « la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs » ; en Actes 4, 11-12, Pierre explique que, lorsqu’il a parlé de cette pierre, le Psalmiste pensait au Christ Lui-même[1] ; il dit en effet : « C’est lui la pierre rejetée par VOUS les bâtisseurs ». Dans ce sens, les « bâtisseurs » étaient les juifs qui vivaient à Son époque et non pas Abraham et Ismaël qui ont construit la Ka'bah, ainsi que l'affirment les musulmans. Cette même parabole déclare que le Royaume de Dieu sera enlevé aux juifs et « donné à un peuple qui en produira les fruits » (Matthieu 21, 44). Pour les musulmans, cela signifie les fils d'Ismaël ; mais le Nouveau Testament montre bien que ceux qui croient vraiment au Christ, ce sont ceux-là qui constituent « une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis… afin que vous annonciez les perfections de Celui qui vous a appelés des ténèbres à Sa merveilleuse lumière ; vous qui, autrefois, n'étiez pas son peuple, et qui êtes maintenant le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 Pierre 2, 9-10).



Ce passage nous enseigne aussi quels ont été les fruits dont le Seigneur Dieu voulait qu’ils fussent produits. Nous retrouvons cette même leçon en Tite 2, 14 (comparer Galates 5, 22-24). Il y est expliqué que les « autres ouvriers » à qui la vigne devait être donnée, c'est l'Église chrétienne, et que la vigne est le Royaume de Dieu (Matthieu 21, 43 explique le verset 41). Par conséquent, ce ne peuvent être Mahomet et ses disciples. Étant donné que la pierre, c’est le Christ, elle ne peut être Agar, ni la Pierre Noire dans le mur de la Ka’bah et elle ne peut pas non plus être Mahomet. On voit donc que ce qui déplaît à Dieu, selon cette parabole, c’est l'opposition au Christ, une opposition qui, à la fin, sera fatale et catastrophique pour tous Ses ennemis. La destruction de Jérusalem par les Romains en 70 ap. J.-C., une quarantaine d'années après la Crucifixion du Christ, a expliqué en partie le sens de cette parabole. Certains musulmans croient que le « Maître de la Vigne » qui devait venir (cf. Matthieu 21, 40) fut Mahomet. Mais cette conception n'a aucun fondement car c'est le Christ (verset 37) qui était le Fils du Maître de la Vigne, et nul n'ira s’imaginer qu’Il fut le fils de Mahomet. Ce n'est qu'en forçant le sens des mots et en ne tenant pas compte du contexte ni des explications données par d'autres parties de la Bible que l'on peut donner une apparence de plausibilité à l’interprétation musulmane de cette parabole.



5. Marc 1,7 [[« Il vient après moi, celui qui est plus puissant que moi, dont je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses sandales »]]. Les musulmans disent souvent : « L'Injil contient les paroles de Jésus et, dans ce sens, nous constatons que, en Marc 1, 7, il a prophétisé la venue de Mahomet lorsqu'il a dit : « Il vient après moi, celui qui est plus puissant que moi, etc. ».



Cela démontre à quel point il est désespérément impossible aux musulmans de trouver une quelconque prophétie relative à Mahomet ; en effet, le verset 6 de ce chapitre nous précise que ces mots n'ont pas été prononcés par Jésus mais par Jean-Baptiste. En outre, nous apprenons en Jean 1, 26-34 que Jean-Baptiste a parlé du Christ et non pas de Mahomet. D'ailleurs, le contexte le montre clairement (voir aussi Matthieu 3, 11-14 ; Luc 3, 16-17). Et si, pour étayer cet argument, on avance que le Christ était déjà dans le monde et que, par conséquent, on ne pouvait pas prétendre qu'Il venait après Jean, la réponse est qu’Il a commencé à prêcher après que Jean eut été jeté en prison (cf. Marc 1, 14 ; comparer Matthieu 4, 12. 17) et que, donc, son ministère à lui était terminé puisque, peu après, il fut décapité en prison sur ordre d’Hérode.



6. Jean, 1, 21. [[« Et (les prêtres et les lévites) lui demandèrent (à Jean-Baptiste) : "Quoi donc ? Êtes-vous Élie ?" Il dit : "Je ne le suis point. – Êtes-vous le Prophète ?" Il répondit : "Non". »]] « Ici, disent certains musulmans, il est clairement question de Mahomet. Les juifs ont mentionné ici trois prophètes successifs : le Christ, Élie, et "le Prophète", c'est-à-dire Mahomet, et Jean ne les a pas contredits. "Le Prophète" est Mahomet, qui est prédit en Deutéronome 18, 18. Ce prophète ne peut pas être le Christ ni Élie, dont les noms sont expressément mentionnés à part. »



Pourtant, nous avons déjà vu que Deutéronome 18, 18 ne peut pas se rapporter à Mahomet mais qu'il se réfère en réalité au Christ. Donc, dans ce verset, « le Prophète » est le Christ. Ici, les juifs ont énuméré les prophètes à rebours. Ils pensaient que Jean-Baptiste pouvait être le Messie Promis. Lorsque Jean l'a nié, ils lui ont demandé s'il était le héraut, le prédécesseur ou le messager du Messie : Élie (cf. Malachie 3, 5 ; Matthieu 17, 10 ; Marc 9, 11). Jean expliqua qu'il n'était pas Élie en personne et que ce dernier n'était pas revenu sur la terre comme les juifs pensaient qu’il le ferait (néanmoins, Jean était la personne à laquelle se réfère Malachie 3, 5 ; voir Matthieu 11, 14). Étant donc incapables de comprendre qui il était, les juifs lui demandèrent s’il était « le Prophète », évoquant par là Deutéronome 18, 18.



Pour ce qui est du sens à attribuer à cette dernière prophétie, les juifs de l'époque étaient quelque peu divisés et bon nombre d'entre eux comprenaient à juste titre qu'elle se référait au Messie promis, ainsi que le confirme Jean 6, 14. Mais ce n'était pas l'avis d'autres juifs, ainsi que nous le voyons en Jean 7, 40-41, car ils supposaient que le prophète mentionné en Deutéronome 18, 15. 18 était un autre héraut, ou prédécesseur, du Messie promis. Tout ce passage (Jean 1, 19-28) montre que les juifs voulaient savoir si Jean-Baptiste était le Messie ou l'un des messagers annonçant Sa venue. Il n'aurait pas été logique de demander à Jean-Baptiste s’il était censé être un prophète qui viendrait plusieurs centaines d’années après le Messie alors que le Messie Lui-même ne s’était pas encore présenté comme tel et que les juifs ne L'avaient pas reconnu.



7. Jean 4, 21 [[« Jésus lui dit (à la Samaritaine) : "Femme, croyez-moi : l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père". »]]. Certains supposent que ce passage est une affirmation selon laquelle Jérusalem ne serait plus la cité sainte et la qiblah [[direction de la prière pour les musulmans]], mais qu’elle serait remplacée par une autre ville, laquelle, selon les musulmans, ne peut être que La Mecque.



Pourtant, aux versets 23-24 [[« 23. Maintenant l’heure vient, et c’est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; aussi bien, le Père désire que soient tels ceux qui l’adorent. 24. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité »]], le Christ Lui-même explique ce qu'il a voulu vraiment dire en précisant que le culte vrai et acceptable ne dépend pas du lieu où il est offert mais de l'état dans lequel se trouve le cœur de celui qui adore. De ce fait, Il exclut la possibilité qu'il puisse jamais y avoir, par la suite, une véritable qiblah sur la terre.



8. Jean 14, 30 : « Le prince de ce monde vient ». Beaucoup de musulmans considèrent que ces paroles du Christ sont une prédiction de la venue de Mahomet.



Mais, en premier lieu, le contexte montre que, ici, le Christ ne parlait pas d’un prophète qui devait venir après lui, puisqu'il ajoute : « et il n'a aucun pouvoir sur moi ». Cela montre que la personne dont il était question était un ennemi de tout ce qui est bien, ce que l'on ne peut pas dire d’un quelconque prophète. En second lieu, lorsque nous comparons ce passage de l'Écriture ou tout autre dans lequel ce titre ou d’autres équivalents sont attribués à la personne dont il est question ici, nous constatons qu'il s'agit de Satan – voir Luc 10, 18 ; Jean 12, 31 ; 16, 11 ; 2 Corinthiens 4, 4 ; Éphésiens 2, 2 ; 6, 11-12.



9. Jean 14, 16-17. 26 ; 15, 26 ; 16, 13, etc. Les musulmans affirment que le Paraclet mentionné par le Christ dans ces passages est Mahomet, dont ils considèrent que le nom est une traduction de ce mot. Ils prétendent que cette prophétie [[ « 16. Et moi, je prierai le Père, et Il vous donnera un autre Intercesseur (Paraclet) pour qu’il soit avec vous toujours, 17. l’esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous et qu’il est en vous »]] s’est accomplie en Mahomet puisqu’il a reçu le Coran de l'ange Gabriel (dont les musulmans s'imaginent qu'il est le Saint-Esprit), qu’il a témoigné du Christ (cf. Jean 15, 26) et qu’il l’a glorifié (cf. Jean 16, 14), le présentant comme un prophète, comme étant né d'une Vierge, comme ayant fait des miracles, comme étant monté au Ciel sans mourir, comme n'étant pas le Fils de Dieu et n'ayant jamais prétendu l’être, et comme ayant reçu l'Évangile. Les musulmans affirment que, pour les premiers chrétiens, le Christ avait promis qu'un autre grand prophète devait venir après lui et que cela est démontré par le fait que Mani a prétendu être le Paraclet, ce qui explique pourquoi de nombreux chrétiens ont admis qu’il était venu accomplir cette prophétie.



Mais quiconque connaît et étudie soigneusement le Nouveau Testament ne peut en aucune manière accepter cette interprétation des paroles prononcées par Notre-Seigneur dans les chapitres 14, 15 et 16 de l'Évangile selon saint Jean. En effet : (1) En premier lieu, le sens du mot « Paraclet » n'a absolument rien à voir avec celui de « Mahomet ». Il signifie le « Consolateur », l’« Intercesseur » et aussi l’« Avocat » (الوكيل). Manifestement, le premier de ces titres ne convient pas au « Prophète au Glaive », et le Coran lui-même affirme que le titre d'Avocat ne peut être attribué qu'à Dieu Lui-même (cf. sourates 17 : Al Asra' ou Banu Isra'il, verset 56 ; 4 : An Nisa', verset 83). Par conséquent, Mahomet ne peut pas être le Paraclet. (2) Dans le Nouveau Testament, le titre de Paraclet n'est appliqué qu'à l'Esprit Saint, comme dans ces chapitres (cf. Jean 14, 16-17. 26 ; 15, 26 ; 16, 13) et aussi, par implication, au Christ (cf. Jean 14, 16 ; voir aussi 1 Jean 2, 1). (3) Le Paraclet dont le Christ parle ici n'est donc pas un homme, mais un esprit, l'Esprit de Vérité, invisible ; Il demeurait alors dans les disciples du Christ et il fallait qu’Il vînt demeurer dans leur cœur (cf. Jean 14, 17 ; 16, 14). (4) Il devait être envoyé par le Christ (cf. Jean 15, 26 ; 16, 7), ce que les musulmans ne peuvent pas admettre à propos de Mahomet. (5) Il avait pour tâche non pas de rassembler des armées et de remporter des victoires avec des armes terrestres mais de convaincre les hommes de péché, l'essence même du péché étant de ne pas croire au Christ (cf. 16, 9). (6) Il devait enseigner non pas de le glorifier Lui mais de glorifier le Christ, non pas de dire ce qui venait de Lui mais ce qu’il recevrait du Christ (cf. Jean 16, 14-15). (7) Enseigner aux hommes à nier la vérité que le Christ est le Fils de Dieu, chose que le Christ a affirmée sous serment (cf. Marc 14, 61), et refuser de croire à Sa nature divine, laquelle (comme nous l'avons vu) est enseignée tant par l'Ancien Testament que par le Nouveau (par exemple en Isaïe 9, 6 ; Psaume 45, 6 ; Jean 10, 30 ; Hébreux 1), ce n'est pas « glorifier » le Christ mais s’opposer à lui. (Cool Nier que le Christ fut crucifié et que, ce faisant, Il a expié pour les péchés du monde entier, c’est nier également une autre des doctrines les plus essentielles de toute la Bible (cf. Psaume 22 ; Isaïe 52, 13 et 53 ; Matthieu 20, 19, etc., etc.), car le salut de tous les hommes dépend du fait qu'Il est mort sur la croix en expiation de leurs péchés. (9) Nier Sa Crucifixion, c’est aussi, nécessairement, nier Sa Résurrection, sur laquelle se fonde toute la foi chrétienne (cf. 1 Corinthiens 15, 17-19). Du fait, donc, que Mahomet contredit l'Injil sur toutes ces doctrines et sur d'autres doctrines essentielles encore et que, par conséquent, il est en opposition complète avec la foi que le Christ a enseignée et a enjoint à Ses disciples d'enseigner à toutes les nations (cf. Matthieu 28, 18-20), il est impossible de dire que Mahomet a accompli la prophétie selon laquelle le Paraclet rappellerait aux Apôtres ce que le Christ leur avait enseigné (cf. Jean 14, 26). (10) Se référer à la prétention qu'affirmait Mani d'être le Paraclet pour prouver que, le Paraclet, c'était en réalité Mahomet, c’est là une curieuse façon de fonder un argument. Si nous, les chrétiens, nous allions comparer Mahomet à Mani et le Coran à l'Artang,[2] livre dont Mani prétendait qu'il lui avait été apporté du ciel et qu’il était tel que personne ne pourrait en produire un identique, cela offenserait gravement nos frères musulmans.



On remarquera, à ce propos, que l'auteur de ces pages s'abstient soigneusement d'établir une telle comparaison. Mais il est bien clair que les chrétiens les mieux instruits ont refusé d’accepter Mani, principalement parce qu'ils savaient (1) que les prophéties relatives au Paraclet étaient telles qu'elles ne pouvaient être accomplies par aucun homme, mais uniquement par l'Esprit Saint, et (2) que ces prophéties avaient déjà été accomplies par la descente de l'Esprit Saint, le cinquantième jour après la Crucifixion du Christ (cf. Actes 1-36). Cela montre que, à l'époque de Mani, le Nouveau Testament enseignait exactement la même chose qu'aujourd'hui. Les seules prophéties faites par le Christ à propos de prophètes qui se présenteraient après lui n'étaient pas telles qu'elles eussent incité des chrétiens à accepter quiconque prétendait être prophète (cf. Matthieu 24, 11. 24 [[« Et il s’élèvera plusieurs faux prophètes, qui en induiront un grand nombre en erreur… Car il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes, et ils feront de grands miracles et prodiges, jusqu’à induire en erreur, s’il se pouvait, les élus mêmes »] ; Marc 13, 22 [[« Car il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes, et ils feront des miracles et des prodiges pour induire en erreur, s’il se pouvait, les élus »]] ; comparer Matthieu 7, 15 [[« Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous sous des vêtements de brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces »]]), et c'est pour cela qu'ils ont refusé d'accepter Mani, que les musulmans considèrent eux aussi comme un faux prophète. (11) Le Paraclet devait établir sa demeure dans le cœur de tous les vrais chrétiens (cf. Jean 16, 14 ; comparer 1 Corinthiens 6, 19 ; Romains 8, 9), ce que l'on ne peut pas dire de Mahomet. (12) Le Christ a promis que le Paraclet, l'Esprit Saint (cf. Jean 14, 26) descendrait du ciel sur les disciples quelques jours après Son Ascension (cf. Actes 1, 5), et Il leur a enjoint de ne pas se lancer dans l'évangélisation du monde (cf. Matthieu 28, 19-20) tant que le Paraclet ne serait pas descendu sur eux : ils devaient attendre à Jérusalem que cette promesse fût accomplie (cf. Luc 24, 49 ; Actes 1, 4. Cool. Cela signifiait-il qu'ils devaient attendre que Mahomet vînt se présenter comme prophète, ce qu’il fit près de 600 ans plus tard ? À cette époque, ils étaient tous morts. En outre, comme nous l'avons vu, cette promesse fut accomplie le jour de la Pentecôte (cf. Actes 2), juste après l'Ascension du Christ. C'est alors seulement que, comprenant bien leur devoir, ils commencèrent à prêcher l'Évangile dans le monde entier. Il est donc évident que, dans la promesse de la venue du Paraclet, on ne peut trouver aucune référence à Mahomet.



10. En 1 Jean 4, 2-3 [[« Vous reconnaîtrez à ceci l’esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu »]], certains se sont efforcés de démontrer que « l’esprit de Dieu » mentionné ici se rapporte à Mahomet.



Mais aucun musulman authentique ne donnera jamais un tel titre à Mahomet. Certains disent que, conformément à ce qui est dit au verset 2, Mahomet a enseigné que Jésus-Christ était « venu en chair » parce qu'il a nié la divinité du Christ et qu’il a affirmé qu'il n’était qu’un homme comme les autres. Pourtant l’expression « venir en chair » n'a aucune signification si on l’applique à un homme quelconque. En réalité, ce verset condamne la conception docétique selon laquelle le corps du Christ n'était qu'un fantôme, une apparence, et que ce n'était pas un véritable corps humain. Cette même épître condamne en termes vigoureux la croyance selon laquelle le Christ serait un simple humain (cf. 1 Jean 2, 22-23 ; 5, 5. 9-13. 20). On voit donc que la déduction que certains érudits tirent de 1 Jean 4, 2-3 ne peut en aucune manière confirmer les prétentions de Mahomet.



11. Jude 14-15 [[« C’est d’eux aussi (les incrédules) qu’Énoch, le septième patriarche depuis Adam, a prophétisé en ces termes : "Voici que le Seigneur est venu avec la multitude innombrable des saints, pour exécuter son jugement sur tous, et convaincre tous les impies de toutes les œuvres d’impiété qu’ils ont commises et de toutes les paroles criminelles qu’eux, les impies, ont proférées contre lui". »]] Certaines personnes sont allées jusqu'à affirmer que « le Seigneur » mentionné dans ce passage est Mahomet, et que les mots : « exécuter son jugement » rappellent qu'il est « le Prophète au Glaive » et qu'il a fait la guerre à ses ennemis.



Mais aucun musulman authentique ne peut adhérer à cette conception car le titre « le Seigneur » (الرّبّ) appartient à Dieu et, dans le Coran (comparer sourate 9 : At Taubah, verset 31), il n'est donné qu’à Lui. La prophétie d’Énoch qui est citée par Jude se réfère à la Seconde Venue du Christ, lorsqu'Il viendra juger le monde (cf. Daniel 7, 13-14 ; Matthieu 24, 29-51 ; 2 Thessaloniciens 1, 6-10 ; Apocalypse 1, 7 ; 19, 11-21). Dans le nouveau Testament, le titre de « Seigneur » est souvent appliqué au Christ, et cela à juste titre, ainsi que nous l’apprenons en Philippiens 2, 9-11.



12. Apocalypse 2, 26-29 [[« Et à celui qui vaincra et qui gardera jusqu’à la fin mes œuvres, je donnerai pouvoir sur les nations ; il les gouvernera avec un sceptre de fer, ainsi que l’on brise les vases d’argile, comme j’en ai reçu moi-même le pouvoir de mon Père, et je lui donnerai l’étoile du matin. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises ! »]]. Pour certains musulmans, il s’agirait ici encore d’une prédiction relative au « Prophète au Glaive ».



Mais, si c’était le cas, il s’ensuivrait que Mahomet aurait reçu son pouvoir du Christ, parce qu'il aurait fait les œuvres du Christ, c’est-à-dire obéi à Ses commandements, jusqu'à la fin. Les musulmans considèrent que Mahomet fut un prophète plus grand que le Christ et, par conséquent, ils ne peuvent pas vraiment croire que ces mots se rapportent à Mahomet. Il convient de remarquer que, dans ces versets, celui qui parle, c’est le Christ, et Il dit de Dieu que c'est Son Père. Le sens de ce verset apparaît à l'évidence si on le compare avec les versets 7, 11 et 17 de ce même chapitre, ainsi qu'avec le chapitre 3, versets 5, 12 et 21, où l'on trouve à plusieurs reprises l'expression : « celui qui vaincra ». Le contexte montre qu'il s’agit d’une promesse générale, qui s’adresse à toute personne qui remporte la victoire, et que cette victoire n’est pas une victoire sur des hommes mais sur ses propres péchés et sur les tentations du monde, de la chair et du diable.



Ce sont là tous les passages importants dont les musulmans s'imaginent qu'ils contiennent des prophéties relatives à Mahomet. Il apparaît très clairement que pas un seul d’entre eux ne constitue une prédiction à son sujet. D'ailleurs, le Nouveau Testament ne nous permet en aucune manière d'attendre une quelconque autre Loi après la Loi chrétienne, avant le retour du Christ et l'établissement complet de Son Royaume éternel. Cette preuve particulière de la mission divine de Mahomet ne tient donc absolument pas.



Il est vrai que certaines personnes sont stupéfaites de lire, en Apocalypse 9, 4 : « On leur ordonna de ne point nuire à l’herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n'ont pas le sceau de Dieu sur leur front » ; en effet, ces gens affirment que cette prophétie fut effectivement accomplie lorsque le calife Abu Bakr envoya les armées de l’islam conquérir la Syrie. Il est en effet très remarquable de trouver, chez deux historiens arabes – qui ne connaissaient probablement pas ce texte – des passages qui rappellent celui-ci : cheikh Jalapine Suyuti[3] dit que Al-Baihaqi et d'autres, s’appuyant sur l'autorité de ‘Imranu'l Juni, auraient affirmé qu’Abu Bakr, lorsqu'il nomma Yazid ibn Abi Sufyan à la tête de l'armée qui devait partir en Syrie, lui dit : « Tu ne tueras ni une femme, ni un enfant, ni un vieillard décrépit, tu ne couperas pas des arbres portant des fruits, tu ne dévasteras pas des terres cultivées, tu n’égorgeras pas des moutons ni des bêtes de somme, sinon pour les manger, tu ne couperas pas ni ne brûleras des dattiers ; tu ne commettras aucune traîtrise ni aucune lâcheté ». Katib al-Waqidi[4] rapporte lui aussi la même chose, mais encore plus longuement. Il nous dit que, à cette occasion, Abu Bakr dit à Yazid : « Lorsque tu auras vaincu tes ennemis, ne tue pas un jeune garçon, ni un très vieil homme, ni une très vieille femme, ni une femme, ni un enfant en bas âge, n'approche pas d'un dattier, ne brûle pas un champ de blé, ne coupe pas d’arbre portant des fruits, n’égorge pas des animaux, sinon pour en manger, ne reviens pas sur ta parole lorsque tu as conclu un accord ; ne romps pas le contrat lorsque tu as conclu la paix. Et tu ne t'approcheras pas de communautés vivant en cellules, des moines qui s'imaginent qu'ils servent Dieu, c'est pourquoi laisse-les tranquilles, ils ne se sont pas fermés à Lui et ils s’imaginent être avec Lui ; et tu ne détruiras pas leurs cellules, et tu ne les tueras pas. Mais tu trouveras une autre communauté, la secte de Satan et de ceux qui adorent des croix, qui se sont rasé le milieu de la tête jusqu'à être, en quelque sorte, des nids pour l’oiseau qata[5] (القطا). C'est pourquoi, avec ton glaive, fends-les par le milieu de la tête jusqu'à ce qu'ils reviennent à l’islam ou qu'ils "donnent volontairement la djiziya [[capitation]] et qu'ils soient humbles". Et je vous ai recommandé à Dieu. »[6]



Il est certain qu’il y a une très grande ressemblance entre le passage de l'Apocalypse que nous avons cité et les instructions ainsi données aux Arabes, qui venaient du pays des sauterelles, en nuées presque aussi nombreuses. Cela dit, dans ce passage, il n’est absolument pas question d’un prophète ; par conséquent, on ne peut dire qu'il étaye les affirmations de Mahomet. En outre, aucun musulman authentique ne peut invoquer ce chapitre avec une quelconque satisfaction, quand bien même on admettrait qu'il agit d'une prophétie qui fut accomplie quelques années après la mort de Mahomet.



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[1] Voir aussi 1 Pierre 2, 4-8.

[2] Le fait que Mani était peintre et que l’Artang contenait de nombreuses illustrations est mentionné dans la Shahnamah [[de Fardusi]], mais non par Al-Ya'Qubi, Al-Biruni, ash-Shahristani ou d’autres auteurs arabes importants.

[3] Tarikh al-Khulafa (تاريخ الْخُلَفاء), publié par la Muhammadi Press, Lahore, Penjab, 1304 de l’Hégire, p. 66.

[4] Futuh ush-Sham (فتوح الشّام), publié par Nawal Kishor Press, Kanpur, 1287 de l’Hégire, p. 5.

[5] Ardea stellaris

[6] Dans le Rawzat-us-Safa (vol. II, page 164), nous lisons que, avant l’expédition de Tabouk, Mahomet donna lui-même des instructions identiques (sur une forme plus brève) à ses troupes. Voir IIIe partie, chapitre 7.
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