aimer-jesus.net/index.php/index.php

  • Full Screen
  • Wide Screen
  • Narrow Screen
  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

La Bible à l'époque de Mahomet

EnvoyerImprimer
Index de l'article
La Bible à l'époque de Mahomet
Livres Sacrés des juifs à l’époque de Nabuchodonosor
Biblen authentique
la Torah fut traduite
Nouveau Testament authentique?
Un Injil unique?
La Bible inaltérée?
très anciens manuscrits du Nouveau Testament
Les différentes traductions
Preuves par citations
Annexe
Toutes les pages
Mizan ul-Haqqde Karl Gottlieb Pfander. Si nous n"adhérons pas à toute la théologie du Docteur Pfander, nous trouvons néanmoins beaucoup de ses arguments intéressants, et dignes d'etre partagés.

Son livre peut-etre téléchargé et lu dans son intégralité ici:

L'équilibre de la Vérité

  CHAPITRE III

 

L’ANCIEN TESTAMENT ET LE NOUVEAU TESTAMENT TELS QUE NOUS LES CONNAISSONS AUJOURD’HUI SONT CEUX QUE POSSÉDAIENT LES JUIFS ET LES CHRÉTIENS À L’ÉPOQUE DE MAHOMET ET DONT TÉMOIGNE LE CORAN

 

Dans ce chapitre et dans le suivant, nous avons l’intention d’étudier les questions suivantes : les livres de l’Ancien Testament qu’utilisent actuellement les juifs et les chrétiens sont-ils ceux qui existaient à l’époque deMahomet ? Et, si c’est bien le cas, ont-ils été corrompus (محرّقة) ou modifiés à un degré plus ou moins important ? Avant d’examiner les faits avérés, supposons, pour l’instant, que soit exacte l’une ou l’autre de deux affirmations si répandues parmi les ignorants dans les pays musulmans, à savoir que (1) les Écritures que nous connaissons aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’au temps de Mahomet, ou alors que (2) elles sont tellement corrompues qu’on ne peut pas y ajouter foi. Dans l’un et l’autre cas, la condition des hommes est des plus misérables : notre raison perçoit en effet clairement que la Parole de Dieu(كلامالله) est tout aussi immuable que Sa volonté. Cette Parole a été exprimée par la voix des Prophètes – ainsi que le Coran lui-même l’enseigne – et il est enjoint aux musulmans d’y ajouter foi (sourates 2, 130 et 3, 78 [[« Dites : "Nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé, à ce qui a été révélé à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux tribus ; à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus ; à ce qui a été donné aux prophètes, de la part de leur Seigneur. Nous n’avons de préférence pour aucun d’entre eux ; nous sommes soumis à Dieu" » (DM 2, 136 et 3, 84)]].

 

Si donc cette Parole de Dieu a complètement disparu de chez les hommes ou a été corrompue à un tel point que l’on ne peut plus s’y fier, comme les races des hommes sont misérables et combien le Coran a échoué dans sa mission d’en être le مُهَيْمِن (Protecteur) ![1] Qu’est donc réellement le Coran et comment les musulmans peuvent-ils s’y fier, même à lui, s’il n’a pas pu remplir la mission que lui a confiée Dieu, comme ils en sont convaincus ?

 

Mais, Dieu merci, la Parole de Dieu ni n’a péri ni n’a été corrompue. C’est Dieu Lui-même qui en a été le « préservateur » ou « protecteur ». Même le Coran aide les musulmans qui cherchent la vérité à reconnaître que la Bible est la Parole de Dieu.

 

Pourtant, curieusement, c’est souvent à nous, les chrétiens, qu’il incombe en l’occurrence d’affirmer que ce que dit le Coran à propos de la Bible est exact et, ce faisant, nous sommes amenés à défendre le Coran contre certains musulmans eux-mêmes qui ne se rendent pas compte que, en attaquant la Bible, c’est le Coran lui-même qu’on attaque – lui qui le « confirme » et le « protège » – et qui, ce faisant, portent préjudice, par leur irréflexion, au Livre qu’eux-mêmes vénèrent.

 

Par exemple, cheikh Haji Rahmatu’llah de Delhi nous dit, dans son Izharu'l Haqq (إظهارالْحقّ) publié à Delhi en 1284 de l’Hégire, que, en 1270 de l’Hégire, réunis à Delhi, certains oulémas ont publié une fatwa dans laquelle ils disaient : « Cette collection (de livres) actuellement connue sous le nom de Nouveau Testament n’est pas admise chez nous ; et ce n’est pas l’Injil qui est mentionné dans le Coran mais au contraire, à notre avis, ce dernier reprend la Parole qui a été envoyée [[du ciel]] à Jésus »[2]. Par préjugé, Rahmatu’llah lui-même est tombé dans la même erreur car il dit : « La Torah originelle tout comme l’Injil originel se sont perdus avant la mission de Mahomet, et ceux qui existent actuellement sont comme des ouvrages d’imagination composés d’anecdotes vraies et fausses ; et nous ne disons pas qu’ils ont existé dans leur authenticité jusqu’à la communication au Prophète et que c’est ensuite qu’ils ont tous deux été victimes d’une falsification. En aucune manière ».[3] Bien entendu, lorsqu’il parle de « la Torah originelle » et de « l’Injil originel », l’auteur ne veut pas vouloir parler des manuscrits originels car, comme ceux du Coran, ils ont disparu. Sans doute veut-il parler du texte authentique et réel de ces manuscrits. Il s’ensuit que son affirmation est fausse, comme l’admettront aujourd’hui non seulement les chrétiens mais aussi presque tous les musulmans instruits de l’Inde. Dans l’ancien temps, l’ignorance et l’erreur sur ce sujet pouvaient dans une certaine mesure s’excuser, mais certainement plus aujourd’hui.

 

Cheikh Rahmatu’llah cherche à faire croire à l’ignorant que la Torah a complètement disparu lorsque le Temple fut détruit par Nabuchodonosor en 587 av. J.-C. Pour le prouver, il cite un livre apocryphe appelé par certains le Second Livre d’Esdras et par d’autres le Quatrième Livre d’Esdras, et il voudrait faire croire aux musulmans qu’Esdras – c’est-à-dire Ezra (عُزيَر) – aurait compilé un ouvrage et prétendu que ce serait la véritable et authentique Torah de Moïse.[4] Mais, quand nous lisons le livre sans valeur auquel ce cheikh nous renvoie, nous n’y trouvons rien qui confirme cette affirmation. Au contraire, ce livre nous informe qu’Esdras a fait écrire par ses scribes « tout ce qui a été fait dans le monde, depuis le début, qui était écrit dans Ta Loi » (chapitre 14, 21-22) [[IV Esdras, in : Ecrits intertestamentaires, Gallimard-NRF, Paris 1987]]. En d’autres termes, selon ce texte, Ezra était un hafiz de la Torah et, lorsqu’il a dicté la Torah à ses scribes, il n’a pas fabriqué une fausse révélation. Dans son commentaire sur la sourate 9 (At Taubah – L’immunité), verset 30, Al-Baidhawi relate un récit qui, quoiqu’on ne puisse lui accorder aucune crédibilité, soutient cette explication et s’oppose à celle de cheikh Rahmatu’llah. Al-Baidhawi dit à propos des juifs : « … parce que, après le carnage provoqué par Nabuchodonosor, plus aucun d’entre eux ne connaissait la Torah par cœur, et c’est pourquoi, lorsque Dieu l’amena (‘Uzair, c’est-à-dire Esdras) à la vie cent ans plus tard, il leur a dicté (املى) la Torah de mémoire, et les juifs en furent émerveillés ». Dans ces circonstances, il est en effet très compréhensible qu’ils aient été émerveillés, mais il est surprenant que quiconque puisse croire une telle histoire. Même le Second (ou Quatrième) Esdras ne nous raconte rien d’aussi absurde. Pourtant, ce livre et Al-Baidhawi sont d’accord sur ce point : Esdras était un hafiz de la Torah, il n’a pas compilé une fausse Torah. Si le récit raconté dans le Deuxième Esdras était vrai, cela montrerait que – tout comme le Coran ne disparaîtrait pas si toutes les copies qui en ont été faites devaient brûler, parce qu’il y a des gens qui le connaissent par cœur, qui pourraient le dicter à d’autres et qui le feraient certainement –, ainsi la Torah elle-même n’a pas complètement disparu, parce qu’Esdras la connaissait par cœur et l’a dictée à ses scribes. Cela ne prouve en rien que la Torah a été complètement détruite, comme le pense cheikh Rahmatu’llah.

 

Il convient cependant de mentionner que nul spécialiste n’admet que le Second (ou Quatrième) Livre d’Esdras soit l’œuvre d’Esdras. Il suffit d’en étudier le texte pour constater que sa première partie a été écrite entre 81 et 96 ap. J.-C. et, pour la seconde, le terminus ante quem est 263 ap. J.-C., alors qu’Esdras a vécu au cinquième siècle avant le Christ (des passages tels que 2 [[4]] Esdras 2, 47 ; 7, 28-29, etc. montrent bien que ce livre a été écrit après l’époque du Christ et non avant). Les juifs n’ont jamais accepté ce livre. Avec tous les spécialistes, ils s’accordent à rejeter la fable racontée dans ce livre, s’il est vrai par ailleurs que, au troisième siècle de l’ère chrétienne, certaines personnes qui n’avaient aucune connaissance de l’hébreu ont été assez stupides pour se laisser tromper.

 



Vous êtes ici :Le christianismeRéponse Aux DésinformationsLa Bible à l'époque de Mahomet