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L'Équilibre de la vérité
Les érudits font une distinction entre deux sortes de preuves : les preuves intellectuelles (عقلي), qui comprennent les preuves intrinsèques et les preuves extrinsèques, et les preuves documentaires.
Si nous écrivions ce livre à l’intention des incroyants, des déistes (الْمُلْحِدُونَ) ou des idolâtres, il serait nécessaire, en premier lieu, de présenter les preuves extrinsèques que nous avons pour soutenir notre conviction que les livres de l’Ancien et du Nouveau Testaments sont anciens, non corrompus et, de façon générale, fiables, et qu’ils contiennent une Révélation du Dieu Très-Haut. Il nous faudrait aussi rapporter l’histoire de chacun de ces livres, du moins ce que nous en connaissons, pour expliquer comment le Canon des Saintes Écritures a été établi et pour quelles raisons extrinsèques nous sommes en droit d’attribuer chacun de ces livres aux auteurs dont ils portent le nom. Il nous faudrait ensuite étudier soigneusement les preuves intrinsèques, c’est-à-dire celles qu’offrent ces livres eux-mêmes. Alors nous pourrions énoncer la conclusion de notre examen. Tout cela a déjà été fait, à de nombreuses reprises, par des chrétiens. L’une des raisons en est que, dès les temps les plus anciens, des incroyants ont attaqué nos Livres Sacrés et que, pour notre propre satisfaction, il nous a fallu étudier toutes les preuves alléguées pour et contre eux. En outre, nous, les chrétiens, nous croyons qu’il est de notre devoir de faire un tel examen, en raison du précepte : « Vérifiez tout ! » (1 Thessaloniciens 5, 21). Notre raison nous dit que, obéir à ce précepte, c’est une chose admise par Dieu, qui nous a donné l’intelligence pour l’utiliser à bon escient pour Sa gloire. La Vérité est l’un des attributs de Dieu et, en tant que telle, elle ne périra jamais : elle est nécessairement éternelle. Ainsi donc, celui qui, du fond de son cœur, désire trouver la Vérité et vivre selon la Volonté très-sainte de Dieu n’a rien à craindre d’un examen soigneux et exhaustif des bases de sa foi. Arrivé au bout de son étude, cet homme peut alors non seulement s’appuyer solidement sur le rocher de la vérité elle-même mais encore aider ceux qui sont ballottés sur la mer du doute et de l’incertitude. Sa foi est alors digne de ce nom, ce n’est plus désormais une simple imitation (ألتّقليد) ni du sectarisme ou de l’ignorance.
Les bibliothèques des penseurs chrétiens sont remplies de livres relatifs aux preuves du christianisme. Mais ce n’est pas le lieu de nous y attarder car nous n’écrivons pas pour des incroyants mais pour nos frères musulmans, pour qui le Coran est l’ultime Révélation faite par Dieu aux hommes et qui croient que tout ce qui y est écrit est la parole de Dieu Lui-même (كلامالله). Pour les musulmans, il est très important de savoir ce que le Coran dit de la Bible, d’autant plus que les ignorants ont, en la matière, une conception totalement erronée. Il n’est pas exagéré de dire que ce que la plupart des musulmans croient qu’enseigne le Coran sur ce point particulièrement important est tout à fait contraire à ce qu’enseigne effectivement leur Livre Sacré. Il est donc probable que tout vrai musulman tirera profit de participer à l’étude de cette question : « Quel témoignage le Coran donne-t-il de la Bible, et que nous apprend celui-là à propos de celle-ci ? »










